Semaine Vétérinaire n° 1537 du 26/04/2013
 

Parasitologie

Actu

SANTÉ ANIMALE

Charlotte Devaux

La seconde conférence en ligne sur les maladies vectorielles canines, organisée par Bayer, a eu lieu le 17 avril à la suite du 8e symposium Canine Vector-Borne Diseases qui se tenait à Saint-Pétersbourg.

Traduite en plusieurs langues, l’objectif de cette webconférence était d’informer les vétérinaires du monde entier sur les dernières connaissances en matière de maladies vectorielles. Elle a commencé par un rappel des caractéristiques de la leishmaniose canine, une maladie protéiforme qui présente des manifestations dermatologiques, oculaires ou générales telles qu’une épistaxis, une polyadénomégalie, une perte de poids et une splénomégalie. À la suite d’une piqûre par un phlébotome infecté, une réplication initiale du parasite intervient dans les macrophages puis, par une migration de ceux-ci, une dissémination a lieu dans tout l’organisme.

Beaucoup de chiens infectés ne développent pas la maladie

L’infection d’un chien reste parfois subclinique, ou entraîne une maladie bénigne, sévère ou fatale. Le passage de la phase subclinique au stade clinique peut s’effectuer à la faveur d’une immunosuppression ou d’une maladie concomitante.

Dans les zones endémiques, 13 % des chiens présentent une leishmaniose clinique. Parmi les 87 % restants, seuls 37 % sont négatifs à la sérologie et à la polymerase chain reaction (PCR). Beaucoup de chiens infectés ne développent donc pas la maladie. Dans ces régions, lorsque le chien présente des signes cliniques, un exemple de démarche diagnostique simplifiée est proposé, qui ne fait pas appel à l’analyse cytologique dont l’interprétation est complexe (voir schéma). Lorsque le titrage en anticorps est faible, le chien a pu entrer en contact avec l’agent, mais n’est pas forcément infecté. Il convient alors de rechercher une confirmation par PCR ou une séroconversion.

Un chien reste porteur, il n’y a pas de guérison histologique

Le traitement1 de la leishmaniose repose sur l’antimoniate de méglumine (75 à 100 mg/kg une fois par jour ou 40 à 75 mg/kg deux fois par jour, par voie sous-cutanée pendant quatre semaines) ou sur la miltéfosine (une fois par jour par voie orale pendant 28 jours). Leur est associé l’allopurinol (10 mg/kg, deux fois par jour par voie orale pendant au moins six mois, selon la sévérité de la maladie, la réponse clinique et parasitologique, et la tolérance au médicament).

La majorité des chiens montrent une évolution clinique favorable après un mois de traitement. Dans le cas contraire, il convient de rechercher une coinfection via une autre maladie transmise par les vecteurs, ce qui arrive souvent. Les intervenants conseillent de toujours réaliser un frottis pour rechercher les hémoparasites. Cependant, même après un traitement anti-leishmanien fructueux, un chien reste porteur, il n’y a pas de guérison histologique. La quantité de leishmanies étant réduite, la probabilité de transmission diminue, mais les mesures préventives visant à réduire le contact avec le vecteur sont toujours conseillées.

En ce qui concerne le vaccin, du recul est nécessaire pour établir un bilan de son utilisation. Pour le moment, l’association entre la vaccination et un insecticide topique semble être la meilleure méthode de prévention.

Pas de risque direct pour l’homme

Le risque de transmission à l’homme a aussi été abordé. Ce dernier n’est pas un bon hôte. Cependant, dans les zones endémiques (Espagne), des études retrouvent jusqu’à 11 % de leishmanies dans les tissus chez l’enfant et 52 % chez l’adulte. Dans les zones non endémiques (nord de l’Italie), 7 % des personnes étudiées présentent un test Western blot positif pour la leishmaniose. En Palestine et au Brésil, des cas humains ont pu être reliés à des cas canins. À Madrid, depuis 2009, un développement important des cas de leishmaniose humaine est observé.

Cependant, il n’y a pas de risque direct de contracter la leishmaniose à partir d’un chien infecté. Un chien porteur constitue plutôt un risque environnemental pour la communauté. Plusieurs solutions sont à envisager selon le statut de l’animal : pour un chien “de famille”, un traitement et une prévention du contact avec le vecteur sont privilégiés, pour un chien errant, une euthanasie peut être envisagée.

  • 1 Source : Leishvet guidelines for the practical management of canine leishmaniosis.

L’atteinte des griffes serait observée dans quelque 50 % des cas de leishmaniose clinique.

DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE SIMPLIFIÉE DE LA LEISHMANIOSE

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