Semaine Vétérinaire n° 1537 du 26/04/2013
 

Trois semaines avant le vêlage

Actu

PHARMA

Éric Vandaële

Elanco lance Kexxtone®, un bolus qui libère du monensin pendant 95 jours pour prévenir la cétose.

Le laboratoire élargit l’arsenal thérapeutique en proposant Kexxtone®. Ce médicament sur prescription à base de monensin réduit par trois ou quatre l’incidence de la cétose.

Les formes cliniques, devenues rares, ne concernent que « 2 à 3 % des vaches », selon notre confrère Christophe Rousseau, praticien à Segré, qui participe à ce lancement. En revanche, la cétose subclinique, « invisible », apparaît beaucoup plus fréquente lorsqu’elle est dépistée par le dosage du Β-hydroxybutyrate (BHB), l’un des corps cétoniques qui témoignent de la cétose. Selon le seuil retenu, la prévalence varie de 15 à 30 % ou plus. Elle est « en moyenne de 25 % » au seuil de 0,2 mmol/l dans le lait avec les bandelettes KetoTest, selon le chiffre validé par l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV).

Une action sur la flore ruminale

La cétose résulte du déficit énergétique qui se creuse en fin de gestation et qui s’aggrave brutalement au début de la lactation. La vache puise alors dans ses réserves adipeuses pour combler ce déficit. Et l’excès d’acides gras conduit à la formation de corps cétoniques : l’acétate et le BHB.

Une cétose subclinique a un impact sanitaire (déplacement de caillette, non-délivrance, métrite, kystes ovariens, etc.) et économique. Ces pertes sont évaluées entre 250 et 600 € par vache affectée, avec une diminution de l’ordre de 300 kg de lait par lactation.

Le bolus Kexxtone® agit sur le métabolisme ruminal. Le monensin oriente la production des bactéries du rumen vers l’acide propionique (un précurseur du glucose) et inhibe la formation d’acides gras volatils, l’acétate et le butyrate, les précurseurs des corps cétoniques. Le monensin est un antibiotique ionophore qui n’a jamais été employé comme anti-infectieux, mais plutôt en régulateur de la flore ruminale. Il n’a aucune activité sur les germes Gram négatif. Sur les Gram positif, il réoriente leur métabolisme au profit de la vache. L’Agence européenne du médicament (EMA), qui a approuvé ce bolus, considère « qu’il n’a pas d’impact sur les antibiorésistances ». Il est d’ailleurs utilisé depuis quinze ans au Canada.

335 mg/l de monensin pendant 95 jours

Le bolus est administré trois à quatre semaines avant la date prévue du vêlage. Ce bolus renferme 12 comprimés de monensin (32,4 g au total) dans un cylindre en plastique rouge. Il libère en moyenne 335 mg/j pendant 95 jours depuis son orifice. L’action dure donc environ trois mois, ce qui couvre tout le début de la lactation. Sa forme, avec ses deux ailettes, permet d’éviter les régurgitations, sans doute parce qu’il est plus léger que les bolus habituels.

Une prévention ciblée sur les animaux à risque

Le temps d’attente est de zéro jour dans le lait et la viande. Chez les bovins, la dose toxique est de 1 à 2 mg/j. Il est donc contre-indiqué chez les animaux de moins de 300 kg.

Le bolus n’est pas un traitement curatif, mais au contraire préventif. Néanmoins, il n’est pas utile de traiter les troupeaux qui ne présentent pas de risque de cétose. Des essais montrent l’absence d’effet sur la production laitière dans des cheptels qui ne sont pas à risque, alors que le gain est supérieur à 600 kg par vache dans ceux à risque.

La première étape consiste donc à cibler les troupeaux selon quatre critères :

– le taux de déplacements de caillette (supérieur à 3 %) ;

– une baisse de la note d’état corporel en début de lactation chez plus de 10 % des animaux ;

– un taux de cétose dépistée par la bandelette KetoTest supérieur à 25 % au-dessus de 100 µmol/l ;

– un rapport taux butyreux/taux protéique (TB/TP) élevé, supérieur à 1,5, en début de lactation chez 10 % des animaux.

Trois ou quatre fois moins de cétose

Dans le troupeau à risque, le bolus ne présente un bénéfice que chez les seuls animaux à risque. Ces derniers sont ciblés sur les mêmes critères, en y ajoutant, comme facteur de risque, les antécédents de cétose ou les signes cliniques associés (non-délivrance, déplacement de caillette, métrite, etc.), les génisses primipares, les vaches les plus âgées (au-delà de trois lactations), celles trop grasses au tarissement, une gestation gémellaire, un rapport TB/TP élevé durant la lactation précédente, etc.

Dans les essais de terrain, le risque de cétose est ainsi divisé par trois ou quatre. Il chute de 32,1 % dans le lot traité par un bolus placebo à 8,2 % dans le lot Kexxtone®, selon l’essai rapporté par l’EMA et mené sur 1 312 vaches de 29 exploitations.

PÉRIODE D’ACTION DU BOLUS KEXXTONE®

Le bolus est conditionné à l’unité ou par sachet de 5 pour environ 25 € HT l’un (prix centrale). il s’administre à l’aide d’un lance-bolus.

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