Semaine Vétérinaire n° 1537 du 26/04/2013

Entre nous

FORUM

HÉLÈNE ROSE

Je privilégie le contact direct

Anne Castillo, praticienne canine à La Côte-Saint-André (Isère).

J’ai participé à plusieurs grands congrès annuels, mais je ne m’y sens pas à ma place. L’an dernier, je me suis contentée de l’exposition commerciale, car les conférences sont trop onéreuses par rapport à ce que j’en retire. Par exemple, mon certificat d’études supérieures en ophtalmologie ne fait pas de moi une spécialiste, mais je maîtrise bien les bases, or il n’y a pas de niveau intermédiaire proposé. Les conférences me semblent soient trop généralistes (je préfère alors consulter des livres ou des revues de formation continue plutôt que de me retrouver dans un amphithéâtre surchargé), soit trop pointues (elles sont alors intéressantes, mais peu utiles en pratique). D’une manière générale, les présentations abordent souvent des cas cliniques assez exceptionnels. Je préférerais qu’elles soient plutôt orientées vers ce qu’il nous est possible de gérer au quotidien.

Comme j’exerce seule et que ma vie de famille est prenante, j’ai parfois du mal à me libérer pour suivre des formations, y compris en soirée. Dans ma région, elles sont organisées à Lyon ou à Grenoble, donc à 50 km de mon cabinet : je ne me déplace que si le thème est bien défini. Je préfère les formations ciblées sur un sujet, faciles à mettre en pratique, avec des intervenants disponibles. J’aime toucher, participer pour apprendre, et j’apprécie de pouvoir échanger directement avec des spécialistes.

Choisir ses sources et se former au quotidien

Roger Mellinger, praticien canin à Thionville (Moselle).

Pendant toute ma carrière, j’ai trouvé mon compte en termes de formation continue. Aujourd’hui, l’offre est pléthorique, issue de sources diverses. Celle de l’Afvac est variée, bien répartie sur le territoire et sur l’année. Le congrès annuel est cependant trop généraliste : dans ma structure, nous sommes huit, chacun se forme dans son domaine. Malgré le biais des soirées organisées par et pour les laboratoires, elles ont l’avantage d’être décentralisées, gratuites et conviviales. Quant à celles proposées par les grosses structures, à mon sens il s’agit plutôt d’information que de formation, mais je respecte l’énergie et l’investissement personnel de ceux qui s’attachent à faire connaître les techniques de pointe disponibles à proximité. Les écoles me semblent un peu en retrait.

Pour disposer d’informations de première main, je préfère assister aux congrès spécialisés étrangers, et rencontrer directement ceux qui pratiquent de nouvelles techniques. Participer à un congrès en Europe ne revient souvent pas plus cher que d’aller à Paris, et cela permet de s’ouvrir à d’autres approches. Je lis également des publications étrangères. Tourner quelques pages chaque semaine est à mon avis plus efficace que de consacrer deux ou trois jours par an à un congrès. On ne choisit pas cette profession par hasard, et c’est plus facile de se former quand on aime ce qu’on fait.

Piocher de nouvelles idées à l’étranger

William Bordeau, exercice exclusif en dermatologie à Maisons-Alfort (Val-de-Marne).

On est tenu d’être à la pointe des connaissances quand on exerce dans une discipline exclusive. Je participe donc tous les ans aux congrès européens et américains de dermatologie vétérinaire. C’est normal et je ne me pose pas de questions. Avec le temps, c’est même devenu un plaisir ! J’y retrouve des confrères du monde entier, certains sont devenus des amis. Ces échanges me permettent de savoir un peu en avance ce qui sera développé par la suite en France. Ces déplacements sont souvent un peu compliqués à organiser (je dois bloquer plusieurs jours de travail) et assez onéreux (frais de transport, de logement, etc.), mais c’est très enrichissant.

Je participe aussi activement, et avec le même plaisir, aux journées annuelles du Groupe d’étude en dermatologie des animaux de compagnie (Gedac), ne serait-ce qu’en tant que membre du bureau. Nous essayons de capter les attentes de nos confrères pour leur proposer des sujets adaptés, mais il est souvent difficile de savoir pourquoi une formation a plu, alors qu’une autre a été un échec.

Les offres se sont multipliées dernièrement. Certains confrères me rapportent qu’ils se savent plus vers quoi s’orienter, le coût des sessions et la conjoncture actuelle les incitent à réfléchir à leurs choix. Au Gedac, nous souhaitons apporter un autre regard en invitant chaque année un conférencier étranger de renom, même si les frais engendrés et la barrière de la langue compliquent un peu cette approche.

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