Semaine Vétérinaire n° 1536 du 19/04/2013
 

En France et en Europe

Actu

SANTÉ PUBLIQUE

Marine Neveux

Les auditions de la mission commune d’information sur la filière viande en France et en Europe ont commencé. Plusieurs de nos confrères y participent, dont la DGAL.

Présidées par la sénatrice Bernadette Bourzai et avec pour rapporteur la sénatrice Sylvie Goy-Chavent, les auditions de la mission d’information sur la filière viande se succèdent actuellement1.

En France, le 11 avril dernier, plusieurs vétérinaires de la Direction générale de l’alimentation (DGAL) ont été auditionnés dans ce cadre : Patrick Dehaumont (directeur général), Nathalie Pihier (chef de mission urgences sanitaires), Catherine Collinet (directrice de la brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires) et Stéphanie Flauto (sous-directrice de la sécurité sanitaire des aliments).

Le 18 avril, c’était au tour de notre confrère Michel Baussier, président du Conseil supérieur de l’Ordre (CSO).

L’abattage rituel en question

Sylvie Goy-Chavent affiche le souhait de poser des questions précises, de vérifier les sources et les chiffres. « Un rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) montre des carences dans le mode d’abattage. Ainsi, 40 % des bovins et 60 % des ovins sont abattus sans étourdissement, alors que la demande en viande pour les rituels religieux est bien moindre », détaille la sénatrice, qui souhaite analyser les causes de la dérive de cette dérogation « qui devait être une exception ». Les risques associés, notamment sanitaires, ont été abordés.

En introduction de l’audition, Patrick Dehaumont rappelle le contexte et l’organisation du sanitaire en France, ainsi que l’encadrement européen. Selon notre confrère, « le rapport du CGAAER, qui date de 2009-2010, est partiel, seulement sur un certain nombre d’abattoirs. Par conséquent, il m’apparaît difficile de valider ses chiffres. Nous allons vous fournir un argumentaire sur ce sujet. » Néanmoins, « certaines remarques sont pertinentes dans ce rapport, sur le bien-être animal, sur le plan de l’hygiène. Il décrit l’inflation qui régnait dans les abattoirs. Finalement, il devenait plus facile pour eux de généraliser l’abattage sans étourdissement. Cela nous a amenés à recadrer le dispositif en 2011 ». La DGAL souligne ainsi les mesures mises en œuvre pour limiter les volumes : « Les abattages rituels doivent correspondre à des commandes. » Patrick Dehaumont reconnaît toutefois que la commande des abats pose la question du devenir du reste de la carcasse…

Le “minerai” décrié

La sénatrice s’interroge sur le “minerai”, contesté par rapport aux garanties qu’il offre. Comment le définir ? « Selon la définition du “paquet hygiène”, le minerai est un terme utilisé par les professionnels pour désigner, en pratique, de petits morceaux de découpe de viande (muscle, gras, tissu conjonctif) retravaillés dans des proportions variables », explique Stéphanie Flauto. Il est ensuite commercialisé frais ou congelé. « Là, nous n’avons plus d’indication sur la provenance, il n’y a plus de traçabilité », note le sénateur Gérard Bailly. « Va-t-on y trouver du buffle, du bœuf charolais ? Faites-vous des contrôles ADN  », s’inquiète Sylvie Goy-Chavent. « Non, mais cela amène à se reposer des questions, répond Patrick Dehaumont. Le minerai n’est pas issu d’abattages clandestins, donc il n’y a pas de risque pour le consommateur. »

Beaucoup d’études sont effectuées sur l’aspect bactériologique des minerais en termes de viande hachée, mais le contrôle de l’ADN n’est pas réalisé.

« Notre souci, c’est la transparence, poursuit Gérard Bailly. Et pour l’importation ? » Trois points de contrôle sont assurés. D’abord, le pays importateur doit être autorisé d’un point de vue sanitaire. Ensuite, les établissements doivent être agréés. Enfin, les produits, accompagnés d’un certificat sanitaire, passent par un poste d’inspection aux frontières. « Comment faire en sorte que, lorsque la viande provient d’un pays importateur, le consommateur dispose de cette information  », interroge encore le sénateur. « À la limite, il faudrait qu’il fasse l’effort de choisir des produits où figurent toutes les informations, répond Patrick Dehaumont. Cela valoriserait les produits français. »

  • Voir aussi le dossier de ce numéro en pages 27 à 33.

Fraudes et délinquance

Une fraude, actuellement mise à jour, implique 50 000 t de viande et un établissement aux Pays-Bas. « Les étiquetages ne sont pas forcément ceux d’origine, certaines étiquettes ont été modifiées. Nous avons constaté des mélanges de viande au sein d’un même bloc. Nous avons alors diffusé une alerte sur nos réseaux européens », explique Nathalie Pihier. L’affaire n’est pas française, mais européenne. « Il existe, à côté de la délinquance organisée, une délinquance d’opportunité, constate Catherine Collinet. En période de crise, cette dernière a tendance à augmenter. Des entreprises peuvent voir dans ces trafics une opportunité pour gagner de l’argent. » La tendance est donc à la recrudescence de ces fraudes, à mesure que la situation économique devient plus difficile.

De gauche à droite : Catherine Collinet (A 82), Nathalie Pihier (A 89), Patrick Dehaumont (A 82), Sylvie Goy-Chavent, Stéphanie Flauto (N 95).

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