Semaine Vétérinaire n° 1536 du 19/04/2013
 

Dossier

Frédéric Thual

Après avoir goûté à l’activité rurale, mixte, canine et aux parcs zoologiques, je voulais me pencher sur la santé des animaux sauvages dans leur milieu », explique Philippe Gourlay, responsable du Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes (CVFSE). Si à 32 ans, il a la chance d’être l’unique vétérinaire français embauché à temps plein au sein d’un centre de réhabilitation, il n’entend pas en rester là. Depuis son arrivée en 2009, il multiplie les initiatives pour élargir la vocation du CVFSE, fondé en 1985 par des étudiants vétérinaires passionnés d’ornithologie.

Diplômé en surveillance épidémiologie animale et humaine, Philippe Gourlay prépare une thèse universitaire au sein de l’unité mixte de recherche Oniris-Inra BioEpAR1, et il tient, bien entendu, à développer l’épidémiologie et l’épidémiosurveillance des maladies de la faune sauvage dans le centre. Son ambition : constituer un véritable maillage national appuyé sur la quarantaine de centres de réhabilitation en France et l’expertise des professionnels.

Une large sensibilisation

À la demande de ses confrères français et belges, il a mis en place six modules de formation (deux jours par mois pendant six mois, soit 84 heures) pour les vétérinaires diplômés, sensibles ou confrontés aux particularités de la faune sauvage. Derrière la professionnalisation du diagnostic et la prise en charge des animaux sauvages, il s’agit de constituer un réseau fiable et doté d’une rigueur scientifique pour développer l’épidémiologie.

Plus largement, le CVFSE a signé en 2012 une convention avec le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 44) pour l’initiation d’une centaine de pompiers en trois ans. Les formations abordent le comportement à adopter face aux animaux sauvages, les techniques de captures, de contention, la gestion d’une aile cassée ou, tout simplement, les gestes qui sauvent. À cela s’ajoutent régulièrement des conférences destinées au grand public, de manière à assurer une sensibilisation la plus large possible.

Des mois d’hospitalisation

Le bâtiment qui accueille aujourd’hui le CVFSE, mis à disposition par la ville de Nantes, est un lieu que Philippe Gourlay a fréquenté au cours de sa 5e année, consacrée à la faune sauvage autochtone et non captive et à la gestion des maladies et de l’environnement. « J’avais envie de retrouver la démarche diagnostique et thérapeutique de l’exercice et d’appliquer à la faune sauvage mes connaissances apprises en canine », précise-t-il. À une nuance près, car ici, l’hospitalisation, convalescence comprise, peut durer de cinq semaines à six ou huit mois. « Nos pensionnaires ne sont relâchés que si nous sommes certains qu’ils sont aptes à chasser et à être autonomes, quitte à les euthanasier si ce n’est pas le cas. » Y séjournent aussi, à l’occasion, les oiseaux mazoutés par les marées noires survenues sur le littoral voisin et quelques mammifères.

Savoir-faire et aide technique

Parallèlement, le centre mène des études sur l’abeille ou suit le cheminement du hérisson, deux indicateurs de l’état de la biodiversité, dans la ville de Nantes. Son responsable assure en outre une mission pédagogique auprès de cinq ou six étudiants vétérinaires volontaires par promotion, afin de leur transmettre les clés d’une profession dont la formation a disparu du cursus d’Oniris, faute de débouchés et de candidats.

Cet ensemble de savoir-faire à transmettre et les contraintes budgétaires amènent aujourd’hui le centre nantais à développer ses propres prestations de services, comme la mise à disposition de compétences techniques pour l’anesthésie, la chirurgie, la pose d’émetteurs ou de balises Argos sur des volatiles, ou encore les prélèvements sanguins sur de petits oiseaux. Une aide technique précieuse pour des laboratoires de biologie des universités ou pour les gestionnaires des réserves naturelles.

  • 1 UMR bioagression, épidémiologie et analyse de risques.

La mission de Philippe Gourlay (N 03) repose sur quatre activités : la supervision médicale de la faune sauvage autochtone, le développement des capacités de surveillance épidémiologique des maladies infectieuses dans la partie nord-ouest de la France, la formation et l’enseignement, les prestations de services.

Philippe Gourlay (N 03) est responsable du Centre vétérinaire de la faune sauvage et des écosystèmes (CVFSE) des Pays-de-la-Loire, situé dans l’enceinte d’Oniris à Nantes.

Depuis son arrivée à la tête du CVFSE, Philippe Gourlay veut systématiser la collecte de tissus biologiques, de sang, d’agents pathogènes, etc., en premier lieu sur les rapaces et les oiseaux d’eau. Dans le futur, la constitution d’une banque de données sera élargie à l’ensemble des espèces, en lien avec la quarantaine de centres de réhabilitation en France.

Le CVFSE ne reçoit aucun fonds d’Oniris. L’école vétérinaire prend en charge l’eau et l’électricité. Aussi, le CVFSE, qui fonctionne avec six salariés (un vétérinaire, un doctorant, deux auxiliaires, une chargée de développement commercial et une personne en service civique), propose un certain nombre de prestations telles que l’aide à la capture, la pose de balises, etc. Le CVFSE dispose d’un budget de 200 000 à 300 000 € par an, financé par les collectivités locales (région, département, direction régionale de l’environnement) et des fonds européens pour les projets de recherche, et il reçoit des dons de médicaments des laboratoires vétérinaires.

Le CVFSE accueille des étudiants d’Oniris qui veulent être confrontés à des cas pratiques, à une démarche diagnostique et thérapeutique, ainsi que des professionnels en contact avec la faune sauvage (pompiers, agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, etc.).

Les animaux qui transitent par le CVFSE font l’objet d’examens complémentaires, notamment la recherche de parasites, comme l’agent de la trichomonose. Pour des analyses spécifiques, les prélèvements sont confiés à des laboratoires spécialisés (Idac, Anses, Institut Pasteur, laboratoire londonien, etc.).

Chaque année, le centre accueille plus d’un millier d’animaux. Couramment, une soixantaine d’entre eux sont hospitalisés. Dans des boxes spécialement aménagés à cet effet, des rapaces, des faucons, des éperviers, des bécasses, des chouettes, des oiseaux d’eau (fou de bassan, goéland, mouette), arrivés blessés, retrouvent santé et autonomie.

Ultime étape de la réhabilitation : le retour en milieu naturel de l’animal. Un tiers des animaux accueillis par le CVFSE sont euthanasiés. La moitié de ceux qui y sont traités retrouvent la liberté à l’issue des soins, parfois après plusieurs mois. Certaines espèces rares, qui présentent un intérêt pour la reproduction, sont placées en captivité.

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