Semaine Vétérinaire n° 1536 du 19/04/2013

Avis de l’Anses

Actu

SANTÉ PUBLIQUE

Clarisse Burger

L’Anses prévient des risques pour les femmes enceintes et attend une définition commune du perturbateur endocrinien.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu son avis sur le bisphénol A, le 9 avril dernier, après trois ans de travaux. Elle confirme les effets sanitai­res néfastes de cette substance, déjà pointés dans son précédent avis de 2011, notamment chez la femme enceinte, et les risques potentiels pour l’enfant à naître (parmi eux, le développement d’une tumeur de la glande mammaire au cours de sa vie). D’autres risques sont identifiés (obésité, troubles du comportement, problèmes de fertilité), mais ils sont négligeables.

Trois sources d’exposition

C’est la première fois que l’agence procède à une mesure d’expositions réelles de la population au bisphénol A via l’air ambiant, la voie alimentaire et la voie cutanée.

Cette substance chimique est présente non seulement dans les plastiques, les boîtes de conserve, l’eau distribuée dans des bonbonnes en polycarbonate, mais aussi sur les tickets de caisse. Selon l’Anses, l’alimentation contribue à plus de 80 % à l’exposition de la population (84 % pour la femme enceinte). Les conserves représentent environ la moitié de l’exposition alimentaire totale. L’expertise décèle également la présence du bisphénol A dans certains aliments d’origine animale (17 % pour les viandes, les abats et la charcuterie, 3 % pour les produits de mer). En outre, près de 30 % des expositions proviendraient d’une contamination diffuse dont l’origine n’est pas encore identifiée.

Un chantier scientifique

Parallèlement, un sous-groupe de travail a été créé par l’agen­ce pour traiter les questions des représentations scientifiques autour des incertitudes liées aux perturbateurs en­docriniens et au bisphénol A, particulièrement sur leurs effets toxicologiques.

« Nous sommes face à un paysage scientifique encore largement en chantier et pas totalement défini, explique l’Anses. Certains effets sanitaires sont avérés chez l’animal, mais nous n’avons pas tous les éléments pour établir la preuve d’un ris­que potentiel pour l’homme. Notre étude sur les perturbateurs endocriniens verra le jour cet été et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) donnera son avis à l’automne. » L’objectif est d’arriver à une définition commune du perturbateur endocrinien afin de « mettre en œuvre l’évaluation des risques sanitaires et l’établissement d’une réglementation ».

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