Semaine Vétérinaire n° 1535 du 12/04/2013
 

Dermatologie

Actu

SANTÉ ANIMALE

Laurent Masson

Les passionnés de dermatologie se sont retrouvés à Paris pour les 27es journées du Gedac, du 5 au 7 avril dernier. Au programme, les particularités raciales dermatologiques du chien et du chat et les troubles de la cornéogenèse par comparaison avec l’homme.

Les conférenciers ont attiré l’attention de l’auditoire sur de nombreuses particularités raciales, plus ou moins fréquentes, qui sont à prendre en compte pour hiérarchiser les hypothèses diagnostiques.

Ainsi, notre confrère Emmanuel Bensignor a rappelé la prédisposition naturelle du basset hound au portage de Malassezia sp, même en l’absence de signes cliniques. Chez le westie, la dermatite atopique, la dermatite à Malassezia et la démodécie sont des affections fréquentes. Pour cette dernière, une infestation à Demodex injai peut se traduire uniquement par un état kératoséborrhéique prurigineux dorsal ou une pododermatite. En revanche, un prurit dorsal chez un cavalier king charles évoquera plutôt une pyodermite croûteuse infectieuse. Le bouvier bernois, quant à lui, peut être sujet à une dermatite pyotraumatique, comme chez les retrievers, ou à une adénite sébacée granulomateuse. Mais cette race est surtout prédisposée aux histiocytoses cutanée et systémique, ainsi qu’aux sarcomes histiocytaires.

Par ailleurs, d’après l’expérience de nos confrères spécialistes, mieux vaut ne pas conclure trop vite à une démodécie devant un shar pei au pelage mité. En effet, la folliculite bactérienne en est une cause fréquente chez cette race, avec un aspect clinique semblable.

Des particularités raciales aussi chez le chat

Des mutations sur le gène KRT71 chez le sphinx et le rex devon, deux races félines génétiquement proches, entraînent les particularités de leur pelage. Ces races nues sont particulièrement sensibles à la dermatite séborrhéique à Malassezia (l’atteinte au niveau des doigts est fréquente) et à la dermatite papuleuse mastocytaire. Compte tenu de l’association courante de cette dernière avec une dermatophytose, une culture mycologique est à réaliser systématiquement.

La démodécie, sous-diagnostiquée

Notre confrère Éric Guaguère est revenu longuement sur la démodécie canine, « une maladie sous-diagnostiquée, car encore souvent rencontrée en exercice spécialisé, alors que le diagnostic est assez facile via un raclage ou une épilation ». Il convient, dans ce cas, d’éviter de racler dans les zones ulcérées ou les bulles hémorragiques, car les Demodex sont localisés dans les follicules pileux.

Même moins performant que le raclage, le trichogramme est une technique élégante et utile chez les races à poils longs.

Les affections dues à un défaut de la cornéogenèse mieux connues

La connaissance du génome canin (38 paires chromosomiques autosomales, 20 000 gènes, 2,4 milliards de nucléotides) permet une meilleure compréhension de l’apparition de certaines affections dermatologiques. En raison de la standardisation des races, la prévalence des maladies génétiques dans l’espèce canine est beaucoup plus élevée que chez l’homme.

Dans ce cadre, les travaux menés par l’équipe de la généticienne Catherine André ont permis de progresser dans la caractérisation de maladies qui touchent une forte proportion d’individus au sein d’une même race : l’ichtyose chez le golden retriever, les kératodermies nasales et plantaires chez le dogue de Bordeaux et l’irish terrier, ou encore la fièvre familiale du shar pei. Grâce à la collaboration des praticiens et des éleveurs canins, le développement de la biobanque Cani-DNA1 permet d’envisager le développement d’autres tests génétiques, avec des répercussions biomédicales non seulement chez le chien, mais aussi chez l’homme.

Du point de vue histologique, notre consœur Frédérique Degorce-Rubiales a précisé qu’il n’existe pas de lésion pathognomonique pour le diagnostic des troubles de la cornéogenèse. Ce dernier nécessite une prise en compte des commémoratifs (âge d’apparition, race, topographie, évolution) et des prélèvements de qualité. Concernant la technique à suivre, « il convient de ne pas tondre avant la biopsie, d’éviter d’utiliser un Biopsy-Punch® d’un diamètre inférieur à 5 mm ou, dans le cas contraire, de multiplier les prélèvements de petit diamètre ».

27e édition pour les journées du Groupe d’étude en dermatologie des animaux de compagnie (Gedac) de l’Afvac.

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