Semaine Vétérinaire n° 1535 du 12/04/2013
 

Entre nous

FORUM

MARC POUIOL

Faire bénéficier le groupe des compétences de chacun

Christian Lemaire, praticien canin au Havre (Seine Maritime).

La clinique Santoria, qui s’est constituée progressivement depuis 2003, dispose de trois sites dans un rayon de 5 km. Elle regroupe aujourd’hui six vétérinaires, dont cinq associés et trois ASV. Deux autres confrères devraient nous rejoindre. Nous pensons à passer du statut de société d’exercice libéral à celui de société à responsabilité limitée ou anonyme.

Il ne s’agit pas de croître pour croître, mais de répondre à la demande de confrères qui souhaitent exercer autrement et aller de l’avant. Le regroupement permet d’améliorer la qualité des services, de réaliser des économies d’échelle et d’augmenter la rentabilité. Il tient compte de la réalité économique pour mieux accueillir la clientèle de proximité. En mutualisant les moyens, nous avons pu acquérir un scanner. Notre principal défi à relever est d’optimiser l’organisation, les emplois du temps et la gestion des compétences, au service du groupe.

Nous souhaitons, pour les années à venir, nous développer en cercle concentrique, au niveau régional, voire à une plus grande échelle. Aussi, un fonds d’investissement nous a proposé une participation. Notre profession atomisée a besoin de nouvelles structures sur lesquelles pourraient s’appuyer les petits cabinets qui veulent subsister dans un marché purement local. En attendant, nous voulons développer l’ostéopathie et la dermatologie, ainsi que la vente en ligne. La directive “services” autorise désormais toutes ces évolutions.

Relier en réseau des structures restant autonomes

Michel Bolzinger, praticien à Jœuf (Meurthe-et-Moselle).

Après avoir organisé les gardes, il y a plus de quinze ans, nous avons appris à nous connaître, à partager des réflexions et à gérer des problématiques communes. Aujourd’hui, neuf structures (seize vétérinaires et dix-huit ASV) travaillent sous la même enseigne, Véto Lor. Nous avons mis en commun les ressources humaines, via l’organisation d’un planning sur l’année, et créé une association pour négocier les achats. Nous travaillons à la mise en œuvre d’outils de groupe dans les domaines de l’informatique, de la banque ou du matériel.

Cependant, chaque structure reste autonome. Il ne s’agit pas d’association, mais de synergies de compétences et de moyens pour mieux travailler et offrir toujours plus de qualité. C’est à mon sens la meilleure des solutions. Je n’y vois que des avantages, en cas de cession par exemple, le cabinet concerné sera valorisé par la structure.

La porte est ouverte aux confrères qui souhaitent nous rejoindre. La seule condition est bien entendu d’adhérer à l’esprit du réseau et de partager une même approche de la pratique et du développement de nos structures. Sans avoir fixé de limite, il est évident que plus nous sommes nombreux, plus c’est compliqué. Il faut donc rester efficace.

Faire place à de nouvelles conceptions du métier

Alain Moussu, praticien à Hyères (Var).

Nous sommes quatre à exercer sur trois sites avec sept ASV. C’est une forme de pratique exaltante qui offre beaucoup de souplesse. Vacances et arrêts de travail ne sont plus des problèmes ingérables. Il faut accepter toutefois les exigences de la mobilité, parfois plusieurs fois dans la même journée, et s’adapter à la diversité des cabinets.

Les avantages sont nombreux, à commencer par l’enseigne commune qui accroît la visibilité. Nous pouvons ainsi combler le vide dans des secteurs qui représentent un potentiel. Nous avons créé récemment un site dans la zone du bord de mer, dépourvue de vétérinaires.

Certes, les frais d’une telle structure et de personnel pèsent sur la rentabilité. Je constate que j’étais moins heureux quand j’exerçais sur un seul site, mais qu’il était plus rentable. Néanmoins, il faut se projeter dans l’avenir et faire place à de nouvelles conceptions du métier. La directive “services” nous a enlevé des chaînes qui nous empêchaient d’avancer. Dans cet esprit, un GIE a été créé, reliant cinq structures et 14 associés. Et d’autres confrères devraient nous rejoindre. En associant toutes les compétences, des projets de formation, de conférences et de partenariats avec des laboratoires pourront voir le jour. Nous envisageons aussi de créer un centre d’imagerie avec une dizaine d’associés. Les autorités doivent desserrer le carcan de la communication et ouvrir le capital aux investisseurs non praticiens. Libérez-nous !

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