Semaine Vétérinaire n° 1535 du 12/04/2013

LE LIVRE DE POCHE

Évasions

MICHEL BERTROU

Nous n’attendons pas de leçon de la littérature, mais nous lui demandons d’agrandir nos questions, de nous aider à déchiffrer le réel. Pierre Loti est surtout connu pour ses romans1. S’ils ne sont plus beaucoup lus, c’est parce qu’ils ont vieilli. Il existe cependant des formes plus brèves et plus directes où l’écrivain se saisit à bras-le-corps d’un minuscule fragment de réel et nous l’offre. Le Livre de la pitié et de la mort, de 1891, réédité en poche aujourd’hui, en est le meilleur exemple.

Ce livre, central dans l’œuvre de Loti, rassemble des textes autobiographiques qui ont tous un rapport avec la mort, ses rituels, et l’infinie « pitié » qu’elle soulève. Rien de morbide ni de glauque pourtant, juste le présent le plus immédiat offert à la pensée par la grâce de l’écriture.

Le livre inclut l’un des plus grands textes de Loti, Tante Claire nous quitte2. Il rassemble également quatre textes mettant en scène les animaux, et les questions sous-tendues par nos relations (familières ou non) avec eux. De beaux textes avant tout émouvants, mais dont l’intérêt réside aussi dans le témoignage qu’ils livrent d’une époque à la fois lointaine3 et d’une sensibilité très actuelle.

Le Livre de la pitié et de la mort (inclus Vie de deux chattes) de Pierre Loti, Poche, collection Petite Bibliothèque Payot, n° 915, 224 pages, 8,15 €.

  • 1 Aziyadé (1879), Pêcheur d’Islande (1886), Madame Chrysanthème (1887), Ramuntcho (1897), etc.

  • 2 Récit de l’agonie d’une humble tante, à Rochefort, à la fin du XIXe siècle.

  • 3 La médecine vétérinaire de l’animal de compagnie était encore quasi inexistante.

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