Semaine Vétérinaire n° 1535 du 12/04/2013
 

Formation

PRODUCTIONS ANIMALES/VOLAILLES

KARIM ADJOU

Le prolapsus cloacal est une affection majeure de l’appareil génital de la poule et l’une des principales causes de mortalité en début de ponte.

LUMIÈRE ET SÉCRÉTION DES HORMONES

L’apparition du prolapsus cloacal est en relation étroite avec l’exposition à la lumière et les hormones de la reproduction (œstrogènes, progestérones et androgènes).

L’activité sexuelle est stimulée par un accroissement de la durée du jour tel qu’il est perçu (ou de l’intensité lumineuse). Ce dernier active la sécrétion par l’hypothalamus d’éléments déclencheurs qui agissent sur la glande pituitaire, laquelle secrète des hormones gonadotropes. Ces dernières, œstrogènes et progestérones, passent dans la circulation sanguine et interviennent notamment dans la formation de follicules d’œufs, et également dans le développement spécifique de la crête et des plumes.

Toutefois, une stimulation lumineuse trop précoce chez les poulettes, qui induit une production importante d’œstrogènes, a pour conséquence un effet feed back négatif : leur sécrétion est de ce fait diminuée par la suite chez les poules.

SYMPTÔMES

Lors de prolapsus cloacal, la production d’œufs souillés par du sang est souvent rapportée, ainsi qu’une inflammation péricloacale. Dans les cas sévères, la sortie des anses intestinales ou d’une partie de l’oviducte est observée au niveau du cloaque. Ces cas sont généralement mortels en quelques heures en raison des hémorragies induites. L’incidence de l’affection augmente au cours des journées les plus chaudes.

Cette affection touche la poule pondeuse, en particulier en excès de poids, de 25 à 50 semaines d’âge. Le taux de mortalité varie entre 5 et 10 %.

ÉTIOLOGIE

Une entrée en ponte précoce consécutive à une stimulation lumineuse naturelle ou artificielle mal adaptée favorise le prolapsus cloacal.

Il est démontré que l’insuffisance en œstrogènes est la cause principale de l’apparition de cette affection. Une stimulation lumineuse naturelle ou artificielle intense et prolongée, lors des premières semaines de vie, est un facteur favorable de déséquilibre hormonal. Plusieurs travaux montrent que ce dernier, par insuffisance en œstrogènes, entraîne une dystrophie des fibres lisses de l’oviducte qui se traduit par un relâchement du tissu du vagin. D’autres travaux, réalisés par radio immuno-essai, révèlent que les poules qui présentent un prolapsus cloacal possèdent un faible taux d’œstrogène sanguin (voir tableau).

Par ailleurs des animaux mal débecqués peuvent favoriser le cannibalisme, qui provoque généralement un prolapsus cloacal.

Certaines souches (surtout les blanches) ou lignées de poules sont en outre plus sensibles à cette affection que d’autres.

MOYENS DE PRÉVENTION

Le principe de base des programmes lumineux pour les poules pondeuses prévoit de ne pas augmenter la durée d’éclairement durant le démarrage des poussins. La période d’éclairement critique est celle située entre la 8e et la 14e semaine.

Pour limiter au maximum les pertes dues au prolapsus, il est primordial de :

– respecter l’intensité d’éclairage : 3 à 4 watts/m2 de 0 à 2 semaines ; 2 watts/m2 de 2 à 20 semaines ; 3 watts/m2 au-delà de 20 semaines ;

– démarrer les poulettes dans des bâtiments obscurs et éviter si possible des poulaillers trop clairs ;

– respecter la durée d’éclairement naturel et artificiel au cours du démarrage, ainsi que pendant la période de production ;

– mesurer régulièrement l’intensité lumineuse dans le bâtiment avec un luxmètre ;

– répartir la lumière d’une façon uniforme dans le poulailler ;

– effectuer un débecquage vers l’âge de 10 à 14 jours et un ajustement vers l’âge de 6 à 8 semaines ;

– contrôler chaque semaine le poids corporel des poulettes et l’homogénéité du lot ;

– isoler les poules atteintes d’un prolapsus dans des cages individuelles.

Dans les pays chauds, les vitres des fenêtres peuvent être teintées avec de la peinture noire, bleue ou verte.

TRAITEMENT

Il est démontré que l’injection de 0,1 mg d’œstrogène, trois fois par semaine durant trois semaines, entraîne une guérison dans 94 % des cas de prolapsus cloacal.

Les programmes lumineux naturel et artificiel doivent être particulièrement surveillés.

Lors de prolapsus cloacal, la production d’œufs souillés par du sang est souvent observée, ainsi qu’une inflammation péricloacale. Dans les cas sévères, la sortie des anses intestinales ou d’une partie de l’oviducte est notée au niveau du cloaque.

TAUX D’OESTROGÈNES CHEZ DES POULES SAINES VERSUS POULES AVEC UN PROLAPSUS CLOACAL

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