Semaine Vétérinaire n° 1535 du 12/04/2013

Résidus de douvicides dans le lait

Actu

PHARMA

Éric Vandaële

L’oxyclozanide deviendrait (presque) le seul douvicide sans risque pendant le tarissement.

À court ou moyen terme, trois douvicides parmi les plus efficaces – le closantel, le triclabendazole et le nitroxinil – seront contre-indiqués, selon le RCP, non seulement en lactation, mais aussi pendant toute la durée du tarissement. Cela restreint leur emploi aux génisses ou aux agnelles, sauf durant le dernier trimestre ou semestre précédant le vêlage, voire un an avant l’agnelage. Pire, le pour-on Cydectine® Triclamox® devrait être contre-indiqué, à tout âge, chez les jeunes génisses futures laitières.

Jusqu’à présent, l’oxyclozanide (Zanil®, Douvistome®) était le seul douvicide susceptible d’être appliqué en lactation, avec un temps d’attente nul dans le lait. Il devrait donc devenir aussi l’un des seuls à pouvoir être employé au tarissement. Les autres douvicides (le closantel, le triclabendazole, le nitroxinil, voire le clorsulon) étaient pourtant couramment utilisés, seuls ou en association, au moment du tarissement. En raison de l’absence de limites maximales de résidus (LMR) dans le lait, leurs RCP prévoyaient, par prudence, de ne pas y recourir moins de deux mois avant la mise bas. Une prudence insuffisante, selon l’Agence européenne du médicament (EMA), pour garantir l’absence de résidus « en quantités inacceptables » dans le lait.

Un délai de 70 à 299 jours avant la mise bas

Pour le clorsulon injectable, le « délai minimal de sûreté » de 12 jours entre l’administration et le vêlage permet, en théorie, un emploi au tarissement. Mais c’est la présence d’ivermectine dans l’association qui, à ce jour, contre-indique son utilisation moins de deux mois avant le tarissement. Pour les autres douvicides, le « délai minimal de sûreté » estimé par l’EMA varie entre 70 et 299 jours, quand il n’est pas impossible à calculer, soit par manque de données, soit parce que le risque est jugé trop élevé à tout âge.

En pratique, seules les jeunes animaux pourront donc être traités avec ces trois douvicides.

Une application a minima dans les associations

Pour les douvicides seuls et le Cydectine® Triclamox® pour-on bovins (triclabendazole, moxidectine), les temps d’attente des RCP français devraient donc être libellés en tenant compte de ces restrictions, même si ce n’est pas encore le cas pour tous. En revanche, l’arbitrage européen n’est pas contraignant pour les associations avec un second antiparasitaire. Toutefois, les mêmes délais de sûreté « devraient s’appliquer a minima à ces associations ». La présence du second principe actif pourrait conduire à allonger ces délais de sécurité, mais pas à les raccourcir.

1 à 4 % des laits contaminés

L’arbitrage sur les douvicides découle d’un constat. Dans certains états, entre 1 et 4 % des laits contrôlés via les plans de surveillance sont contaminés par des résidus de douvicides (closantel, triclabendazole et nitroxinil surtout). En l’absence de LMR dans le lait, des LMR provisoires ont été fixés jusqu’au 1er janvier 2014. Elles permettent d’écarter les laits avec des résidus en quantités « inacceptables ». Parallèlement, la fixation de « délais minimaux de sûreté » entre le traitement et la mise bas conduit à exclure tout usage des trois douvicides pendant le tarissement et, au mieux, à les restreindre aux jeunes animaux.

NOUVELLES RESTRICTIONS APPLICABLES AUX DOUVICIDES CONTRE-INDIQUÉS EN LACTATION

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