Semaine Vétérinaire n° 1534 du 05/04/2013
 

Formation

ÉQUIDÉS

SOPHIE PAUL-JEANJEAN

Les troubles de la démarche d’origine neurologique ont des expressions cliniques fort dépendantes de la localisation et de l’étendue des structures nerveuses lésées. Ces anomalies se distinguent des affections locomotrices par leur caractère plus inconstant et aggravé lors d’exercices qui sollicitent la proprioception. Même lorsque les déficits sont évidents, une évaluation neurologique complète est essentielle avant la mise en œuvre d’examens complémentaires à visée étiologique.

EXAMEN NEUROLOGIQUE

Cet examen a pour objectifs de caractériser la nature centrale ou périphérique des anomalies objectivables, de préciser autant que possible leur localisation dans le système nerveux et d’en évaluer l’intensité. Une ataxie plus ou moins sévère constitue généralement le motif de consultation, mais son ancienneté est souvent difficile à préciser. Dans de nombreux cas, une apparition brutale est décrite, par exemple à la suite d’une chute, mais il convient de suspecter l’existence préalable de déficits plus subtils qui ont pu favoriser le traumatisme.

Parfois, le cheval est présenté pour de simples troubles d’allures ou un défaut de performances. Les éléments évocateurs sont alors la description d’allures « ondulantes », une rétivité dans certaines situations (montée en camion, etc.) ou encore un « coup de saut » impressionnant.

L’évaluation du réflexe cervico-facial, avec une absence de réponse localisée sur une région délimitée de l’encolure, peut laisser suspecter une lésion médullaire en regard.

EXAMEN DYNAMIQUE

L’examen dynamique d’un cheval suspect d’ataxie spinale s’effectue en grande partie au pas et par des exercices relativement standardisés qui sollicitent les fonctions proprioceptives. Lors du reculer, l’ataxie et la parésie occasionnent un défaut de flexion des postérieurs avec un frottement des pinces sur le sol et un retard dans le positionnement des membres qui peuvent aller jusqu’à l’adoption d’une attitude en “chien assis”.

Sur un huit de chiffre, les déficits moteurs et proprioceptifs sont surtout visibles sur les membres pelviens, et se manifestent principalement par des mouvements de circumduction qui résultent à la fois d’hypométrie et de spasticité. La parésie postérieure peut encore être mise en évidence par un test de traction latérale sur la queue, le cheval étant engagé au pas en ligne droite. Au trot, les déficits neurologiques médullaires s’expriment surtout par une mobilité anormale du tronc avec une allure “ondulante”.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

Le diagnostic différentiel du syndrome de Wobbler comprend les affections musculo-squelettiques, les autres syndromes médullaires dans un contexte de traumatisme violent, les ataxies non médullaires (ataxie vestibulaire, ataxie cérébelleuse du poulain), les neuropathies périphériques pelviennes et d’autres anomalies de la démarche à composante neurologique (harper ou shivering).

IMAGERIE

Lors d’ataxie établie ou suspectée cliniquement, la technique d’imagerie diagnostique pour en déterminer la ou les cause(s) est la radiographie. L’échographie est plus sensible pour la détection des arthropathies cervicales qui ont une incidence sur la mobilité de l’encolure et la locomotion. En cas d’ataxie non expliquée par la radiographie, la myélographie peut être indiquée, notamment si un traitement chirurgical est envisagé.

Le scanner et l’imagerie par résonance magnétique sont les techniques les plus informatives, notamment sur les compressions dorso-latérales de la moelle épinière, mais la configuration des équipements ne permet pas encore la visualisation de la région cervicale basse.

MYÉLOPATHIE PAR STÉNOSE

La myélopathie par sténose du canal vertébral cervical, ou syndrome de Wobbler, est la cause la plus commune d’ataxie spinale chez les jeunes chevaux. Il existe deux formes principales : la sténose vertébrale cervicale et l’instabilité du canal vertébral.

Le traitement conservateur inclut du repos, l’administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et de diméthylsulfoxyde. Il est possible de traiter les chevaux qui présentent une dégénération des facettes articulaires des vertèbres cervicales avec des infiltrations locales de corticoïdes. Chez les foals atteints de myélopathie par sténose du canal vertébral cervical avant l’âge d’un an, une amélioration peut être obtenue grâce à une restriction alimentaire énergétique, tout en assurant un équilibre en minéraux et en vitamines.

L’arthrodèse cervicale est le traitement chirurgical de choix qui permet aujourd’hui de traiter certains cas sélectionnés de compression médullaire cervicale, notamment les fractures des facettes articulaires avec déplacements, associés à des ataxies importantes.

LES 5 GRADES DE L’ATAXIE SPINALE

Comme pour l’évaluation des boiteries, une échelle en cinq grades a été définie pour l’ataxie spinale afin de quantifier l’intensité des déficits neurologiques observés lors d’un examen ponctuel.

→ Le grade 1 correspond à des anomalies subtiles, décelables uniquement dans des circonstances favorisantes (pente, demi-tour, etc.) et plutôt par un observateur expérimenté.

→ Le grade 2 désigne des anomalies modérées, mais permanentes, accentuées dans des circonstances favorisantes.

→ Le grade 3 correspond à des déficits facilement décelables dans toutes les circonstances de l’examen, avec un risque de chute provoquée lors de certaines sollicitations. Ce grade est habituellement considéré comme le stade à partir duquel la dangerosité du cheval et l’altération de ses facultés de défense peuvent rendre discutable, sur le plan éthologique et sécuritaire, son maintien en vie sans traitement.

→ Le grade 4 est défini par un statut neurologique fortement altéré avec un risque de chute spontanée.

→ Le grade 5 correspond au décubitus avec une incapacité à se relever sans assistance.

Le syndrome de Wobbler est la cause la plus fréquente d’ataxie spinale chez le jeune cheval.

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