Semaine Vétérinaire n° 1534 du 05/04/2013

Agence de sécurité sanitaire

Actu

SANTÉ PUBLIQUE

Stéphanie Padiolleau

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a présenté à la presse ses thèmes majeurs de travail sur l’année, le 18 mars dernier à Paris.

Pour présenter l’emploi du temps 2013 de l’Anses, Marc Mortureux, son directeur général, était entouré de Gérard Lasfargues (directeur général adjoint scientifique), Pascale Parisot (direction scientifique des laboratoires), Dominique Gombert (direction de l’évaluation scientifique) et Gilles Salvat (directeur de la santé animale et du bien-être des animaux). Le planning est varié (voir encadré) et deux thèmes principaux sont mis en chantier en 2013 : les travaux sur la pollution de l’air, et le renforcement des moyens de contrôle et de détection dans le secteur alimentaire.

Détection renforcée dans le domaine alimentaire

« Le rôle de l’agence est aussi celui d’un laboratoire de référence, qui consiste à mettre à la disposition des pouvoirs publics tout ce qui est nécessaire pour effectuer les contrôles, et d’améliorer la détection des contaminants chroniques et des agents pathogènes », a expliqué Marc Mortureux. La réglementation a évolué vers une grande responsabilisation des acteurs, avec la mise en place de plans de maîtrise des risques et des autocontrôles. Les trois années à venir devraient permettre à l’agence de « tirer les leçons de l’émergence de la souche d’Escherichia coli en 2011 », donc de travailler sur la détermination des éléments qui font la virulence des souches pathogènes à l’origine d’affections d’origine alimentaire chez l’homme, mais également sur la détection des virus, « car certains cas d’intoxication alimentaire sont d’origine virale » (hépatites A et E, norovirus dans les produits de la pêche, etc.).

L’Anses a également l’ambition de développer des méthodologies de contrôle permettant de détecter plusieurs (dizaines ou plus) de contaminants, mais aussi de mieux cibler ceux recherchés. Par exemple, dans le cas du chrome qui existe sous différentes formes, dont six sont cancérigènes, il est question de faciliter la détection de ces six formes plutôt que simplement du chrome total.

Pollution atmosphérique, allergies : l’air en question

L’autre gros domaine de travail concernera la qualité de l’air.

La pollution de l’air intérieur sera envisagée, avec notamment la publication de valeurs guides pour trois substances (le dioxyde d’azote, l’acroléine et l’acétaldéhyde), l’analyse des substances émises par les meubles, l’étude des interactions entre les pollens et les polluants incluant un état des lieux des connaissances sur l’effet des pollens sur la santé.

Du côté de la pollution atmosphérique, l’agence s’attaquera au morceau de choix que constituent les particules émises par le trafic. On se souvient du chaos médiatique soulevé par la publication du rapport de la Food and Agriculture Organization signant une condamnation sans appel du diesel. C’est donc au tour de l’Anses de se pencher sur les risques pour la santé induits par les particules émises par le trafic automobile, avec une analyse de la métrologie et des indicateurs actuels. Sera aussi au programme, dans cette thématique, une évaluation des risques dus à la pollution des tunnels ferroviaires (trains, métros, RER), dans un premier temps vis-à-vis de l’exposition des travailleurs, mais qui pourrait être extrapolée aux usagers.

En outre, les résultats de l’estimation des risques sanitaires pour les travailleurs exposés au bitume devraient être bientôt publiés.

Toujours d’actualité : l’antibiorésistance

Les travaux menés sur le thème de la résistance bactérienne depuis 2011 devraient être compilés dans un rapport d’évaluation des risques d’émergence d’antibiorésistance, attendu pour la fin de l’année. Des études concernent notamment le devenir des antibiotiques et de leurs métabolites dans l’environnement, ainsi que celui des gènes de résistance.

Parmi les travaux déjà en route, les abeilles bénéficient de toute l’attention de l’agence. Un groupe de travail est en place afin d’évaluer leur réponse à certains facteurs de stress, et plus globalement de dresser un portrait sanitaire de la filière apicole. Les abeilles font également partie des études sur l’exposition des travailleurs agricoles aux pesticides.

Principaux travaux attendus en 2013

→ Perturbateurs endocriniens (dont l’évaluation des risques induits par le bisphénol A).

→ Exposition des travailleurs au bitume.

→ Exposition des travailleurs et des abeilles aux pesticides et aux produits phytosanitaires.

→ Radiofréquences.

→ Nanomatériaux (mise à jour du rapport paru en 2009 attendue d’ici à l’été).

→ Antibiorésistance (rapport attendu fin 2013).

→ Santé des abeilles.

De gauche à droite : Gérard Lasfargues, Marc Mortureux, Pascale Parisot et Gilles Salvat.

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