Semaine Vétérinaire n° 1534 du 05/04/2013

Formation

LU POUR VOUS

PHILIPPE ZELTZMAN

Savoir gérer les multiples conséquences d’une obstruction urétrale chez le chat est indispensable pour réduire la morbidité et améliorer le pronostic.

L’auteur1 sépare les conséquences concomitantes à la présentation de l’animal de celles qui surviennent au cours du traitement. Les premières concernent deux changements biochimiques : l’hyperazotémie et l’hyperkaliémie. Elles sont corrigées par la cathétérisation urétrale et l’administration de cristalloïdes par voie intraveineuse. Une hyperkaliémie sévère peut aussi être réduite par l’administration de glucose, voire de bicarbonates lors d’acidose simultanée et grave.

Cinq conséquences néfastes sont notées au cours du traitement.

→ Diurèse postobstructive : souvent à la suite d’une obstruction de longue durée, l’animal produit une quantité d’urine telle qu’elle dépasse le volume de liquide de perfusion administré. Cela peut entraîner une déshydratation, une hypovolémie, voire un état de choc. Il convient donc de mesurer la quantité d’urine produite pour adapter le volume administré.

→ Rupture de l’urètre : cette complication est iatrogène, mais rare. Elle surviendrait dans moins de 1 % des cas.

→ Atonie du détrusor : la distension excessive de la vessie entraîne des lésions des jonctions serrées entre les fibres musculaires lisses. La vidange régulière de la vessie et l’administration raisonnée de béthanéchol ou de cisapride permettent de restaurer la fonction vésicale au bout de plusieurs jours à quelques semaines.

→ Hyperactivité urétrale : un spasme urétral entraîne parfois une obstruction de type fonctionnel. Dans ce cas, le chat apparaît dysurique, mais sa vessie peut être vidangée manuellement sans difficulté. Le traitement fait appel à la prazosine.

→ Réobstruction : elle se produit au cours des 24 heures qui suivent le retrait du cathéter urétral. Une étude indique un taux de réobstruction de 36 % sur deux ans, avec une majorité de cas dans les six mois. Le traitement chirurgical, qui consiste en une urétrostomie, est alors généralement conseillé.

  • 1 E.J. Thomovsky : « Managing the common comorbidities of feline urethral obstruction », Vet. Med. 2011, pp. 352-358.

Vidange vésicale chez un chat. La quantité d’urine produite est mesurée pour adapter le volume perfusé.

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