Semaine Vétérinaire n° 1529 du 01/03/2013

Entre nous

VOUS AVEZ LA PAROLE

CHRISTIAN LEMAIRE

PRATICIEN À MONTIVILLIERS (SEINE-MARITIME)

Notre confrère réagit à l’article intitulé « Les vétérinaires en exercice doivent détenir la majorité des droits de vote et du capital », paru dans le n° 1524 du 25 janvier en page 30.

L’interview de Jacques Guérin, vice-président du Conseil supérieur de l’Ordre, ne marque pas de rupture avec la position ordinale traditionnelle sur la directive “services”. 2013 sera donc dans la lignée de 2012…

Comme de coutume, on nous fait part d’un projet de directive qui « rendrait acceptable » la « sinistre et délétère » directive “services” alors que le projet en question n’a rien à y voir puisqu’il traite seulement de la reconnaissance des diplômes au sein de l’Union européenne, un sujet important pour notre profession, nous en convenons, les exilés fiscaux n’étant pas les seuls à prendre le chemin de la Belgique…

La vision archaïque de certains membres de notre profession nous conduit à un immobilisme périlleux dans un monde qui ne nous attend pas, et nous impose les contraintes économiques, sociales, environnementales, fiscales, concurrentielles, etc., que connaissent toutes les entreprises, lesquelles n’ont guère le loisir de se “hâter lentement”.

Regroupement, professionnalisation de la gestion, spécialisation des praticiens, rationalisation sont autant de leviers que nous devrons actionner.

Nous sommes une profession de santé, l’Ordre nous le rappelle plus qu’à son tour, alors observons ce que font les autres professionnels de santé. Réduction du nombre d’officines et vente de médicaments en ligne pour les pharmaciens, prodigieuse concentration des acteurs de la biologie médicale, regroupement des établissements de santé privés sous la férule d’investisseurs non médecins, développement d’un salariat de qualité… le chemin est tracé !

Les praticiens de santé s’en portent-ils plus mal ? Une atteinte irréparable a-t-elle été portée à leur indépendance ? Les médecins qui détiennent le capital de leur clinique et doivent “remplir les étages” pour équilibrer à grand-peine les comptes de l’établissement sont-ils réellement plus indépendants que les praticiens liés à une clinique appartenant à des fonds d’investissements, qui peuvent se laver les mains de l’équilibre économique de la structure qui les accueille et se consacrer au kitesurf plutôt qu’à de pénibles conseils d’administration et de recherche de successeurs ?

Le Conseil supérieur de l’Ordre se focalise sur cette question de l’ouverture du capital, que nous serions tentés de qualifier à notre tour de “fumeuse”. Le capital de nos structures obéit peu ou prou aux mêmes règles que celles qui sont applicables dans le domaine de la biologie médicale, dont on sait qu’une bonne part appartient désormais à des fonds d’investissements (aucun d’entre eux n’est encore inscrit à l’Ordre des pharmaciens). Le capital des sociétés vétérinaires est donc en réalité déjà ouvert. Seulement, cette ouverture oblige à des contorsions juridiques qui la réservent à des groupements suffisamment capitalisés pour pouvoir la mettre en œuvre. Les vétérinaires de terrain, dont votre serviteur, doivent quant à eux se contenter de leurs fonds propres. C’est cela aussi la défense de l’intérêt général dans l’esprit du Conseil supérieur de l’Ordre.

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