Semaine Vétérinaire n° 1529 du 01/03/2013

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LU POUR VOUS

Philippe Zeltzman

Ce syndrome survient lorsque du tissu ovarien reste dans la cavité abdominale. Les raisons avancées incluent une erreur chirurgicale, la présence de tissu ovarien ectopique ou l’autotransplantation suivie de la revascularisation de tissu ovarien.

19 chiennes et 2 chattes affectées par ce syndrome sont recensées par les auteurs1. L’âge médian lors de l’ovariohysté­rectomie est de trois ans. Les symptômes les plus fréquents sont un comportement et des signes similaires à ceux observés durant le proœstrus et l’œstrus : gonflement vulvaire, écoulement séro-hémorragique et changements comportementaux. Les tests diagnostiques réalisés comprennent une cytologie vaginale, des analyses hormonales et une échographie. La cytologie et l’échographie se révèlent utiles, contrairement aux tests hormonaux.

La laparotomie exploratrice montre systématiquement un fragment ovarien dans la région du pédicule de l’ovaire : à gauche chez 30 % des animaux, à droite chez 60 %, des deux côtés chez 10 %. Les symptômes disparaissent chez les 18 femelles qui ont pu être suivies médicalement après la chirurgie.

L’analyse histopathologique confirme la présence de tissu ovarien dans tous les échantillons soumis. Certains sujets présentent en outre des follicules ovariens ou des kystes folliculaires (7 cas), des corps jaunes (6), des tumeurs (5), une hyperplasie adénomateuse (2) et/ou un kyste paraovarien (1).

12 animaux sur 21 ont également subi une hystérectomie partielle. Dans 7 cas, une hyperplasie est constatée lors de l’analyse histopathologique. 8 montrent une hyperplasie glandulo-kystique de l’endomètre et 1 cas un pyomètre du moignon utérin sur la base d’une culture bactérienne.

En outre, 7 animaux présentent une tumeur de l’appareil reproducteur : ovaire (5), glande mammaire (1) ou vagin (1). Les femelles affectées de tumeurs affichent un intervalle de temps entre l’ovariohysterectomie et le diagnostic de syndrome de rémanence ovarienne statistiquement plus long (durée médiane : 8 ans) que celles exemptes de tumeur (durée médiane : 1 an).

Les auteurs concluent que, dans tous ces cas, la cause du syndrome est une erreur chirurgicale, puisque tous les fragments sont retrouvés dans la région du pédicule ovarien. Un autre argument en faveur d’une cause iatrogénique est le fait que la plupart des fragments ovariens sont découverts à droite, donc du côté où il est plus difficile d’extérioriser l’ovaire. Les chiens sont beaucoup plus représentés que les chats dans cette étude, comme dans d’autres, ce qui peut être dû à la profondeur de l’abdomen, à la plus grande quantité de graisse autour de l’ovaire et à la difficulté de rompre le ligament suspenseur de ce dernier. Extérioriser l’ovaire intégralement et mettre des pinces hémostatiques avant de placer les ligatures devrait aider à le retirer dans sa totalité.

  • 1 R.L. Ball et coll. « Ovarian remnant syndrome in dogs and cats : 21 cases (2000-2007) ». Javma 2010, vol. 236, n° 5, pp. 548-553.

Tumeur de l’ovaire gauche chez un bouvier bernois de 14 mois.

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