Semaine Vétérinaire n° 1529 du 01/03/2013
 

Entreprise

Sébastien Le Gaillard

Depuis de nombreuses années, l’outil informatique est omniprésent, au travail comme au domicile. Le point sur les risques pour la santé, les moyens de prévention et la réglementation.

LES DIFFÉRENTS RISQUES

Les troubles de la vision

Les études ont montré que l’utilisation d’un écran d’ordinateur pendant plusieurs heures en continu entraîne une fatigue visuelle (douleur des globes oculaires, rougeurs, picotements, éblouissements, myopie temporaire, maux de tête), dont les symptômes régressent avec du repos. Ces derniers sont liés à l’accommodation permanente de l’œil pour faire la mise au point. Le travail sur écran révèle d’éventuels défauts visuels existants, mais ne semble pas les aggraver ou en induire.

La sensation de fatigue visuelle sera d’autant plus importante que le poste de travail est peu ergonomique (reflets sur l’écran, mauvaise qualité de l’image restituée, durée de travail excessive).

Parmi les troubles ophtalmologiques, le syndrome de l’œil sec (baisse des sécrétions lacrymales provoquant des sensations de brûlure et d’irritation) s’explique par plusieurs facteurs environnementaux : climatisation (qui assèche l’air), présence de polluants dans l’air (poussière de papier, etc.), écran mal placé, diminution de la fréquence de clignement des paupières.

Les troubles musculo-squelettiques

La position assise prolongée devant un écran peut provoquer des troubles musculo-squelettiques (TMS). Les muscles et tendons préférentiellement touchés sont ceux de la nuque, des épaules, de la région lombaire et des mains. Le syndrome du canal carpien, résultant de l’inflammation du nerf carpien due à une compression au niveau du poignet, est le plus fréquent des TMS.

Le stress au travail peut aggraver ces phénomènes, en induisant une hausse du tonus musculaire. Un mauvais aménagement du poste informatique favorise les TMS :

> écran placé trop haut ou trop bas, provoquant ainsi des douleurs cervicales ;

> présence de documents entre l’utilisateur et le clavier, qui augmentent la sollicitation des épaules ;

> mauvais positionnement du clavier et de la souris.

En France, 3 à 4 % des TMS reconnus comme maladies professionnelles (tableaux 57, 97 et 98 du régime général) sont imputables au travail sur écran.

Les troubles de nature psychologique

Le stress au travail n’est pas directement imputable à l’outil informatique, d’autres facteurs (pression de la hiérarchie, évaluation d’efficacité, de rentabilité, etc.) sont à prendre en compte. Toutefois, l’informatique peut être un élément aggravant, lors d’un renouvellement du parc, par exemple (nouveaux système et logiciels à maîtriser) surtout si la formation des utilisateurs ne suit pas. Le travail de saisie de données “à la chaîne” peut être perçu comme dévalorisant pour l’employé. Un logiciel mal conçu, des bugs à répétition, des temps d’attente face à un ordinateur qui “rame” sont autant de facteurs de stress.

Exposition à des rayonnements électromagnétiques

L’écran d’ordinateur expose l’utilisateur à un rayonnement électromagnétique et à des rayons X de très basse énergie (tubes cathodiques, en voie de disparition). Cependant, les valeurs d’exposition aux champs magnétiques et électriques sont inférieures aux limites réglementaires1. Avec les écrans à technologie LED ou LCD, les rayonnements électromagnétiques sont réduits.

Les réseaux informatiques disposent fréquemment de connexions sans fil (Wifi entre les ordinateurs et Bluetooth avec les périphériques) qui utilisent des ondes électromagnétiques à haute fréquence (2,4 GHz) et de faible puissance. Les éventuels effets biologiques de l’exposition à long terme et à de faibles puissances sont encore peu connus.

Quel que soit le type de rayonnement, une minorité de personnes se plaignent parfois de symptômes non spécifiques de type fatigue, trouble du sommeil, maux de tête, perte de mémoire, angoisses, palpitations, etc. Ce syndrome dit d’“hypersensibilité” électro­magnétique est sujet à polémique d’un point de vue médical ou du moins étiologique.

LA PRÉVENTION DES RISQUES

L’écran de l’ordinateur

L’écran doit être orientable en hauteur et latéralement. La fréquence de rafraîchissement minimale conseillée en vertical est de 70 Hz pour éviter la fatigue visuelle liée au balayage. Il doit être propre. S’il est de type LED ou LCD, il faut opter pour une dalle mate et non brillante.

L’affichage de l’ordinateur doit être configuré pour lire correctement les caractères de texte à une distance œil-écran comprise entre 50 et 70 cm.

En fonction des logiciels utilisés, le fond de l’écran peut être clair (logiciel de traitement de texte) ou foncé (retouche de photos). La puissance d’éclairage de la pièce doit être adaptée : 200 à 300 lux pour un écran à fond sombre, 300 à 500 lux pour un écran clair. En général, un écran à fond clair est préférable, car il est moins fatiguant pour la vue, les reflets moins visibles et la couleur de fond est la même que celle des documents papiers.

L’aménagement de la pièce

L’écran doit être placé perpendiculairement à la fenêtre pour éviter les reflets. À défaut, un store d’intérieur à lamelles horizontales permettra de dévier la lumière extérieure vers le haut.

Si l’utilisateur doit manipuler également des documents papiers, une lampe d’appoint sera utile pour un éclairage inférieur à 200 lux, ainsi qu’un porte-documents placé à côté de l’écran ou entre le clavier et l’écran.

Si le réseau informatique utilise le Wifi (ou la téléphonie DECT), il est conseillé de placer la borne en hauteur (2,10 m au minimum), afin de limiter l’exposition aux ondes électromagnétiques (précaution). Vérifier que l’équipement réseau porte bien la mention CE et préférer des équipements avec des débits d’absorption spécifique bas (DAS)2.

L’ergonomie du siège et du poste de travail

Le mobilier de bureau, doit être aux normes ergonomiques (NF EN 1335-1) pour permettre un réglage adapté à la morphologie de l’utilisateur. Dans la posture idéale de travail, les pieds sont à plat sur le sol, ou sur un repose-pieds, l’angle du coude est droit ou légèrement obtus (90 à 135°), les avant-bras sont proches du corps, la main est dans le prolongement de l’avant-bras, le dos est droit ou légèrement en arrière (et soutenu par le dossier).

Le haut du moniteur doit se situer au niveau des yeux. Dans le cas d’un ordinateur portable, prévoir un rehausseur pour l’écran, et la connexion d’un clavier standard. Le fauteuil doit disposer d’un dossier et d’une assise réglable. La profondeur doit permettre d’appuyer le bas du dos sans que le bord avant n’exerce de pression à l’intérieur des genoux (risques de problèmes circulatoires dans les jambes).

Le clavier est à placer à 10-15 cm du bord de la table et à plat (ne pas utiliser les pieds). Lors de la frappe clavier, les poignets doivent être flottants. La souris se situe dans le prolongement de l’épaule, l’avant-bras étant appuyé sur la table.

Le tableau résume en quelques chiffres l’aménagement idéal du poste de travail.

L’organisation du travail

Il est nécessaire de réaliser des pauses lors du travail sur écran, afin de prévenir la fatigue visuelle et les TMS, surtout si la tâche est répétitive. En pratique, on préconise cinq minutes toutes les heures si le travail est intensif ou un quart d’heure toutes les deux heures s’il est moins soutenu. Au cours de ces temps de pause, il convient de se déplacer.

Enfin, toute modification de l’architecture informatique (matérielle et/ou logicielle) nécessite une formation du personnel, afin d’éviter le stress de la nouveauté. Loin d’être laissés à la libre appréciation de chacun, nombre de ces éléments font l’objet d’une réglementation : évaluation des risques, obligations de formation, exigences ergonomiques, exposition aux rayonnements, etc.3

La posture et l’organisation du poste de travail ne doivent pas être laissées au hasard.

AMÉNAGEMENT DU POSTE DE TRAVAIL (EN CHIFFRES)

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