Echange avec Cécile Raitière, directrice R&D du groupe NBVC (solutions diagnostiques en élevage bovin) et responsable du pôle technique


Du terrain viennent les idées de développement
Quelles sont les missions de directrice de la recherche et développement, dans un laboratoire qui propose des solutions diagnostiques aux vétérinaires ruraux ?

J’ai la chance d’être à la fois directrice de la Recherche et du développement, et responsable technique, sur le terrain. Les problématiques rencontrées lors de visites d’élevage soulèvent des questions, auxquelles on veut apporter des solutions : des solutions diagnostiques ou des compléments alimentaires.
C’est du terrain que viennent les idées de développement, qui sont discutées en équipe. Une étude bibliographique aide à identifier les principes actifs intéressants, et une forme galénique est choisie pour répondre aux attentes des éleveurs : un bolus sera préféré pour l’usage individuel, une poudre utilisable dans la mélangeuse pour les usages collectifs. Je suis aussi attentive à la littérature humaine, dont il est possible de s’approprier certaines avancées. Je conçois et mets en place des essais de conviction sur le terrain, auprès de vétérinaires motivés à l’idée de participer à des tests.
Par exemple, nous avons mené une étude pendant 2 ans sur la glycémie du veau à la naissance et les données récoltées sont en cours d’analyse. Des validations dans des conditions plus planes de la Recherche, en coopération avec des laboratoires de recherche académique, nous appuient pour comprendre les phénomènes physiologiques, et permettent des publications scientifiques de nos résultats. J’ai travaille aussi en lien avec le service Qualité afin de garantir la conformité des produits commercialisés. Enfin j’assure des formations de vétérinaire cliniciens.

Comment êtes-vous arrivée à ce poste ?

Lors de mon premier emploi en clientèle, j’ai perçu l’efficacité des compléments alimentaires et l’importance des tests de diagnostic rapides. Ces derniers orientent le diagnostic, et ils permettent un meilleur suivi de l’animal lorsqu’il est revu. J’ai aussi suivi la formation « Alimentation de la vache laitière » à Toulouse. Je me suis intéressée à l’entreprise NBVC, et j’y suis arrivée avec beaucoup de motivation et de passion pour les bovins.

Quels sont les aspects les plus gratifiants de ce poste ? Ses inconvénients ?

Notre devise est d’améliorer le bien-être des animaux, des éleveurs et des vétérinaires ! Les échanges permanents avec des populations très différentes sont la richesse de ce métier. Au début d’un récent audit d’élevage en Haute-Loire, les éleveurs étaient très fermés. Progressivement, la relation s’est détendue, ils ont compris que j’étais à l’écoute de leurs besoins, que j’étais là pour leur parler de leur élevage, de solutions concrètes. Les retombées humaines de mon métier sont très gratifiantes : mon expertise permet de remettre de la confiance dans la relation éleveurs-vétérinaires, améliore la santé et le confort des animaux, et incite les vétérinaires à mettre en place des suivis d’élevage. Par contre, s’il n’y a pas de garde, les déplacements sont très fréquents.

Comment voyez-vous ce métier évoluer ?

C’est un métier en développement, avec beaucoup d’avenir tant qu’il y aura des vaches, car on apprend de nouvelles choses tous les jours. La notion de service et les visites d’élevage, pour proposer des solutions thérapeutiques globales, rentre dans les mœurs. Les places sont chères, mais tous les vétérinaires praticiens ont les capacités de développer cette activité s’ils sont motivés.

Propos recueillis par Ségolène Minster


Qualités requises : sens de l’observation, sens des relations humaines, vrai goût pour la médecine, motivation.

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