Entretien avec le chef* du Bureau « Activités vétérinaires » de la Direction centrale du service de santé des armées.
En note : La personne interrogée ne peut pas mentionner son nom pour des raisons de sécurité.


alile L’armée permet de développer une large palette de compétences
Quelles sont les missions des vétérinaires dans la Défense ?

Les vétérinaires des armées assurent des missions de santé publique vétérinaire au profit des forces armées en France et sur les théâtres d’opérations extérieures. Rattachés au service de santé des armées (SSA), ils exercent une activité de contrôle officiel de l’hygiène des aliments (1300 organismes de restauration collective), d’évaluation sanitaire des fournisseurs de denrées alimentaires du ministère de la défense, et de contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine.
Les vétérinaires assurent également la santé le bien-être des animaux du ministère de la défense (2500 chiens et 1400 chevaux), avec les soins vétérinaires aux animaux mais également une gestion des grands effectifs. Pour les chiens projetés sur les théâtres d’opérations extérieures, des mesures de prophylaxie spécifiques (antiparasitaires notamment) sont mises en œuvre pour prévenir certaines affections enzootiques dans les zones de déploiement (ehrlichiose, dirofilariose, leishmaniose,…).
Lors du retour en France d’unités, les vétérinaires des armées participent à la conception et au contrôle de plans de maîtrise sanitaire spécifiques. Ils consistent en des mesures de lavage, de désinfection et de désinsectisation, afin de prévenir l’introduction d’agents pathogènes pour les animaux et les plantes : dangers zoosanitaires pour le cheptel français, agents phytopathogènes pour les cultures, ravageurs des plantes ou espèces animales et végétales invasives.
Quelques vétérinaires contribuent aux activités de recherche du SSA, au sein par exemple de l’Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA). D’autres apportent leur expertise à des structures spécialisées : Laboratoire du commissariat des armées d’Angers (microbiologie des aliments), Centre expert de la restauration (CERHéIA) de Lyon, Centre d’expertise des programmes navals (CEPN) de Toulon (conception des installations vivres-restauration des bâtiments de la marine).
Les vétérinaires des armées mettent en pratique toute une palette des compétences et cette polyvalence répond à un besoin réel des armées. Les vétérinaires ont participé et participent à toutes les opérations extérieures dans lesquelles les armées françaises sont engagées : au Liban, en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, et plus récemment au Tchad et au Mali dans l’opération Barkhane.

Quels sont les avantages du métier de vétérinaire au sein de l’armée?

Les missions sont diverses et variées. Il y a une mobilité géographique, avec des postes à responsabilité croissante. Le besoin d’expertise des armées permet l’accès à des formations diplomantes (CEAV, Master,…) et à une reconnaissance des qualifications avec l’obtention des titres de « praticien confirmé », puis de « praticien certifié » dans les domaines de compétences vétérinaires (hygiène des aliments, médecine vétérinaire canine ou équine, épidémiologie animale). Sur les théâtres d’opérations extérieures, il est gratifiant et valorisant de savoir que l’on contribue par ses compétences à la protection de la santé des militaires français et, indirectement, à la réussite des missions des forces françaises.

Quelles qualités sont requises pour exercer ce métier ?

Être vétérinaire au sein des armées demande une grande capacité d’adaptation, face aux interventions très variées : assurer des soins vétérinaires, réaliser le contrôle de l’hygiène des aliments dans un organisme de restauration militaire, expertiser des installations de traitement et de distribution d’eau...
La rédaction des rapports de contrôle ou d’expertise nécessite une certaine fibre administrative. Une forte obligation de disponibilité, une capacité à travailler en groupe au sein d’une collectivité et une aptitude médicale sont inhérents au statut militaire.

Comment devient-on vétérinaire dans l’armée ?

Moins de 70 vétérinaires exercent dans les armées et le recrutement- ouvert aux docteurs ou aux élèves vétérinaires- est assez limité. Il est conseillé de servir d’abord dans la réserve opérationnelle du SSA, ce qui permet de mieux connaître les activités au sein des armées, et de s’y acculturer. Si cet exercice plaît, il est possible de poser sa candidature pour un poste d’officier sous-contrat d’une durée de 2 à 4 ans, puis d’officier de carrière.

Propos recueillis par Ségolène Minster


Missions :

  • Assurer le contrôle officiel de l’hygiène des aliments et le contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine.
  • Assurer la santé le bien-être des animaux du ministère de la défense, à l’échelle individuelle et collective.
  • Concevoir des plans de maîtrise sanitaire spécifiques, lors du retour en France d’unités.
  • Possibles activités de Recherche et d’expertise
    Les plus du métier :
  • Missions diverses et variées
  • Mobilité géographique
  • Accès à des formations diplomantes répondant aux besoins des armées
  • Missions gratifiantes
Qualités requises : Sens de l’organisation et de la gestion des priorités, créativité, être à l’écoute, capacité de communication écrite et orale, adaptabilité et réactivité, maîtrise de l’anglais.

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