27/02/2013 | Le Point Vétérinaire.fr

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Quota des promotions

Saturation des effectifs en vue ?

Période délicate pour nos écoles vétérinaires aujourd’hui. Alors que les budgets alloués sont déjà en diminution constante, l’ouverture au concours d’admission à la session de juin prochain de 80 étudiants supplémentaires, fait déborder la coupe, déjà bien pleine.

80 étudiants de plus aux concours d’entrée des écoles vétérinaires, soit 20 étudiants de plus par école* : voilà matière à mettre le feu aux poudres d’une situation déjà délicate. Les enseignants chercheurs des 4 établissements vétérinaires réagissent et font part de leur inquiétude auprès de la Directrice Générale de l'Enseignement et de la Recherche sur la non capacité des établissements à accueillir cette augmentation de 17% des effectifs d'étudiants.

La dotation aux établissements par l'Etat pour 2013 enregistre une nouvelle baisse de 2,5% par rapport à la dotation 2012 et qui elle même était déjà plus faible que la dotation 2011 … Les Alforiens avaient déjà eu l’occasion d’exprimer un malaise plus large en décembre dernier lors de la visite de la DGER sur le site**. Les enseignants des 3 autres établissement viennent d’exprimer par écrit une nouvelle inquiétude sous la forme de pétitions, largement signées par le corps enseignant des écoles. Elles ont été adressées dans un courrier commun sur le bureau de la DGER le 19 février dernier. En ligne de mire : l’incapacité à gérer ce surplus dans des écoles déjà en restrictions budgétaires.

Budgets en baisse, effectifs en hausse ?
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir tiré la sonette d’alarme : dans un courrier daté du 31 octobre dernier, la Fédération des Syndicats Vétérinaires de France (FSVF) faisait déjà part à la nouvelle DGER de son opposition à un tel projet. Cela « conduirait à un nouvel affaiblissement de la qualité de la formation et de la recherche dans le comaine vétérinaire » exprime la pétition d’Oniris. Comment gérer en effet des promotions qui passeraient de 117 à 137 étudiants ? « Pour tenir compte des capacités de nos locaux d’enseignement, il faudrait soit exclure systématiquement des étudiants des séances d’enseignement pour ne pas dépasser l’effectif limite possible, soit dédoubler la promotion pour les cours magistraux, en amphithéâtre, et en 1/5 en 1/10 et en 1/20e pour les différentes autres types d’enseignement » explique la pétition nantaise et lyonnaise, « cette seconde solution conduirait à doubler les heures de cours magistraux au cours des 3 premières années, soit 790 heures supplémentaires ; ceci représente l’intégralité des obligations de services de 6 E.C. ». Comment envisager une augmentation des effectifs à l’heure des restrictions budgétaires ?

Une rustine inadaptée ?
C’est un débat qui était déjà revenu sur le devant de la scène lors des discussions sur la rénovation de l’enseignement vétérinaire. L’ouverture à tout va de l’entrée dans les écoles n’est donc pas le remède miracle au manque de vocation des étudiants pour l’exercice en rurale. Les enseignants font ainsi remonter leur inquiétude, qui rejoint celle des étudiants qui redoutent les répercussions sur leur formation, dont en clinique. Enfin, « les critères quantitatifs d’évaluation des établissements vétérinaires par l’Association européenne des établissement d’enseignement vétérinaire (AEEEV) se fondent notamment sur les rapports du nombre d’étudiants à celui des enseignants chercheurs et du personnel formation-recherche, le rapport du nombre de cas cliniques vus dans les différentes espèces au nombre d’étudiants. Ces critères quantitatifs vont automatiquement subir une dégradation qui va placer l’enseignement vétérinaire français en queue de peloton de l’enseignement vétérinaire européen, certains de ces critères risquent même de le faire basculer dans la catégorie non compatible pour une reconnaissance pleine et entière » détaillent les pétitions d’Oniris et VetAgroSup.
Les enseignants signataires des 3 pétitions exigent donc la publication expresse d’un arrêté rectificatif à l’arrêté ministériel du 6 décembre dernier afin de ne pas ouvrir plis de places au concours d’entrée. « Lors de la réunion du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche agricole, agroalimentaire et vétérinaire (CNESERAAV) du 12 décembre dernier, à propos de réformes, vous avez déclaré vouloir « réfléchir d’abord » : il est regrettable qu’en 2012 une évaluation a priori des conséquences n’ait pas été conduite avant de décider l’augmentation des effectifs d’étudiants » conclut aussi la pétition de Toulouse.
Une nouvelle réunion du CNESERAAV aura lieu le 6 mars prochain. A suivre.

Marine Neveux

* Selon publication de l'arrété ministériel du 6 décembre 2012 portant ouverture des concours d'admission de la session de juin 2013.
** Voir La Semaine Vétérinaire n°1522 en page 23 et n°1525 en pages 12-13-14


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