27/05/2013 | Le Point Vétérinaire.fr

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Europe

Ivayla Yozova, une résidente en urgences-réanimation-soins intensifs

Dans ce nouveau « portait de véto », on sort de l’hexagone pour traverser la frontière alpine qui nous sépare de nos voisins helvètes. Rencontre à Berne avec Ivayla Yozova pour tracer avec elle le portrait d’une résidente au board américain d’urgences, réanimation et soins intensifs (American College of Veterinary Emergency and Critical Care) aux couleurs européennes.

Si L’Europe avait un visage ce pourrait être celui d’Ivayla. Des racines grecque et bulgare, elle a grandi entre la mer Noire et la mer Egée. Avec un père maçon et une mère dans le tourisme, son ambition de faire ce métier semblait, selon elle, quelque peu présomptueuse. Mais à force de travail et de sacrifices, elle a su nourrir son idéal et réaliser son rêve : devenir vétérinaire.

Aujourd’hui, elle se décrit comme quelqu’un de viscéral, déterminé, qui peut confondre vitesse et précipitation. Mais du haut de son jeune âge, 28 ans, elle avoue travailler sur elle-même pour avancer et s’améliorer, « pas seulement dans son travail, mais également en tant qu’être humain ».

Au confort du traintrain quotidien, elle a choisi l’Aventure. Son histoire européenne s’écrit ensuite par un amour de la France qui nait au fil de projets scolaires et des représentations théâtrales. Puis en 2006, elle participe au programme d’échange Erasmus avec Oniris. Elle prend progressivement conscience des possibilités qui lui sont offertes et décide de poursuivre l’expérience française par un internat à l’Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse afin de « rattraper le niveau de l’Europe Occidentale ».
Une année bénéfique mais la réalité revient à grand pas, les difficultés financières aussi. Un premier remplacement en structure généraliste puis un poste dans une autre qui ne fait que des urgences, la vocation se confirme.

Pourquoi les urgences
Tout a commencé par des événements de la vie, quand on lui parle de sa vocation pour les urgences, elle se revoit à l’âge de 10 ans en train de réanimer son hamster. Cet acte fondateur a été suivi de belles rencontres avec des enseignants passionnés, en Bulgarie ou en France, qui ont fait de ce goût pour les urgences une passion.
Aujourd’hui, elle « aime à croire que son travail est aussi simple que de délivrer de l’oxygène à la cellule. » Mais c’est surtout ce travail d’équipe, interdisciplinaire, qui la fascine. Prendre en considération les compétences de chacun pour pouvoir débattre, générer des idées tout cela à travers le raisonnement unique de l’urgentiste : « c’est merveilleux ».

Le board
Un jour elle passe le pas et décide de donner une suite à ses ambitions passées : revenir dans le milieu universitaire. Elle décide de préparer, en accord avec son employeur de l’époque, une série de stages sur le vieux continent, mais aussi Outre-Atlantique. Puis une opportunité à Berne se présente, elle n’hésite pas. Sa formation de résidente, elle la décrit comme très intense, faite d’efforts et qui ne doit être faite que comme une priorité absolue. Dans son cas, le milieu académique était vraiment quelque chose qui l’attirait.

Son expérience préalable en clientèle, elle la juge comme indispensable et n’imagine pas une seconde être un référant sans avoir référé un cas. Sa vision du spécialiste a évolué au fil de sa formation. En effet, avant elle le voyait comme le savoir absolu, quelqu’un qui ne pouvait avoir de faille. Aujourd’hui être un spécialiste c’est surtout « une grande responsabilité envers les autres et envers le métier », l’esprit de celui-ci « doit être naturellement occupé par la problématique de sa spécialité sans perdre la capacité de gérer le cas par cas ». Elle résume cela en disant que le « spécialiste n’est pas un diplôme mais un haut niveau d’implication dans une discipline ».

Quand on évoque une journée type, on découvre un emploi du temps bien chargé qui commence par des activités didactiques : journal club, rondes, lectures scientifiques. Puis il y a le transfert des cas, l’évaluation des animaux hospitalisés, les nouvelles urgences et la planification des examens complémentaires. En fin de journée, l’administratif s’impose : communication avec les clients, préparation des transferts du lendemain.
Selon elle, il est nécessaire de se ménager un peu de temps libre ne serait-ce que pour aller courir le long de l’Aare afin d’évacuer la pression en trop.

Le board en poche, elle souhaite rester dans ce milieu universitaire qui l’a vu grandir et y donner le maximum.

Les conseils pour la jeune génération
A un étudiant qui se rêve spécialiste, elle lui conseille d’être bien conscient de ses motivations. C’est une formation longue et exigeante qui est réservée aux passionnés. Il faut s’ouvrir des horizons, voyager, explorer de nouvelles méthodes de travail. Ce n’est pas une formation destinée uniquement aux premiers de la classe, l’essentiel selon elle est d’avoir cette passion, le reste s’enchaîne naturellement.

Pour finir, elle aime à le rappeler : la vie n’est qu’un mouvement, tout ce qui compte c’est le chemin. Tracez le vôtre, il n’y a pas le feu au lac.

Aurélien LEOBON

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