Deux étudiants vétérinaires en projet communautaire en Zambie : Melindika

27.05.2016 à 09:41:25 |
Etudiants vétérinaires en projet communautaire en Zambie : Melindika
© D.R.

Victoire et Wilfried (Willy pour les intimes) sont deux jeunes vétérinaires passionnés de voyage qui ont décidé de créer une association : Melindika.

L'association Melindika a pour but d'aider les communautés paysannes des pays en voie de développement à vivre de leurs activités. « Ce qui nous intéresse, ce n'est pas de soigner une vache pour soigner une vache, mais d'intégrer l'acte vétérinaire dans une VRAIE démarche de développement. » rapportent-ils sur leur page Facebook.

ll y a un an, Victoire a été contactée par un vétérinaire spécialisé en faune sauvage travaillant dans le parc national de Kafue en Zambie, pour un problème bien particulier. Aux alentours du parc, des communautés d'éleveurs vivent, élèvent leurs animaux, pêchent et chassent de manière réglementée. Les interactions entre faune sauvage et bétail sont fréquentes : abreuvement dans les mêmes points d’eau et zones de pâturage en commun. Ces interactions sont à l’origine de transmission de maladies infectieuses entre la faune sauvage du parc et les animaux domestiques, entrainant des pertes économiques non négligeables pour les éleveurs. L’enjeu est de plus sanitaire car certaines maladies se transmettent à l’homme.

L'objectif global de ce projet vétérinaire est donc de bien gérer les ressources naturelles du parc : diminuer les maladies infectieuses qui se transmettent entre la faune sauvage et le bétail pour permettre aux éleveurs de vivre durablement de leur activité. Mais, comme dans tout projet, il y a des différences entre la théorie et la pratique, c’est ce que nous explique Victoire : « par rapport à nos premières observations sur le terrain, l’objectif a changé puisqu’on s’est rendu compte que les éleveurs ne chassent pas du tout ! Le problème principal, c’est vraiment la présence d’éléphants qui sont protégés dans le parc national, mais qui viennent détruire les récoltes des éleveurs. Ils peuvent aussi potentiellement transmettre des maladies au bétail (par l’intermédiaire de la mouche Tse Tse). Donc nous cherchons à concilier des objectifs de conservation (sauvegarde des éléphants) et de développement des  communautés. Will s’est focalisé sur la tuberculose et plus particulièrement sur la transmission de celle-ci du bétail à l’homme par la consommation de produits laitiers (ici tout le monde boit du lait frais ou du « sour milk » (traduction littérale lait tourné, seul moyen de conservation puisqu’il n’y a pas d’électricité dans les communautés, donc pas moyen de pasteuriser. Et moi je réalise un diagnostic agraire, une étude qui a pour but de comprendre le rôle et les challenges de la production animale au sein de l’agriculture dans les communautés. Le but c’est vraiment d’identifier les problèmes majeurs des éleveurs et de comprendre la zone dans sa globalité (autant au niveau social avec les différentes tribus que les techniques d’élevage, les intégrations culture/élevage et les interactions avec la faune sauvage) pour pouvoir dégager des solutions de développement qui correspondent aux attentes et aux besoins des éleveurs. »

Cela va bientôt faire deux mois que les jeunes vétérinaires sont partis. Le premier mois, ils se sont organisés sur le terrain, il fallait trouver une voiture (un 4x4 obligatoire là-bas) et un équipement de camping pour pouvoir être plus indépendants. Ils ont également présenté leur projet aux différents acteurs en Zambie (Université de Zambie, Veterinary officers, Game Rangers International). Le 2ème mois, ils ont commencé leur projet « nous travaillons dans trois chefferies qui bordent le parc national. Nous allons d’éleveurs en éleveurs, de villages en villages pour faire nos tests de tuberculination et de prélèvements de lait et nos entretiens. Nous avons découvert qu’il y a  deux tribus distinctes : les Ilas et les Tongas. Les Ilas sont un peuple d’éleveurs traditionnels, qui ont des grands troupeaux de vaches qu’ils emmènent pâturer toute la journée et qui sont parquées la nuit pour les protéger de la faune sauvage. Les itinéraires de pâturages sont complexes et varient en fonction des saisons. Les Tongas ont plus de connaissances en agriculture qu’en élevage et se caractérisent par des productions plus diversifiées (coton, tournesol, cacahuètes, mais) contrairement aux Ilas qui réalisent plus des monocultures de mais » nous rapporte Victoire. A l’heure actuelle, ils leur restent encore une chefferie à découvrir, à prélever, et réaliser les analyses. Puis ils devront retourner dans les communautés pour présenter les résultats aux éleveurs et faire la campagne de sensibilisation contre la transmission de la tuberculose. 

Fleur Couturier

Pour suivre leur aventure en direct (en fonction des connexions Internet en Zambie et de la présence d’électricité…), rendez vous sur leur page Facebook Melindika

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