20/09/2013 | Le Point Vétérinaire.fr

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Bactériologie

Les mammites des vaches laitières

En France, le coût des mammites est estimé à un milliard d’euros, dont plus de 90 % sont associés aux mammites subcliniques ! Voici quelques pistes pour mieux comprendre la genèse et la prévention de ces maladies auxquelles les auxiliaires des cliniques rurales sont fréquemment confrontés.

Une mammite est une inflammation de la glande mammaire qui touche un ou plusieurs quartiers. C’est la maladie la plus répandue et la plus coûteuse en élevage laitier, surtout en raison de la diminution de production de lait qu’elle entraîne. À celle-ci s’ajoutent les soins à la vache (achats de médicaments, visite du vétérinaire, temps passé), la non-commercialisation du lait à la suite du traitement antibiotique générant un temps d’attente et, enfin, les réformes prématurées, voire la mortalité, des vaches atteintes.

Les mammites sont presque toujours dues à l’invasion de la glande mammaire par des bactéries, exceptionnellement des levures ou des algues unicellulaires, qui ont pénétré dans la mamelle par le canal du trayon, normalement fermé en dehors de la traite. Pendant celle-ci, ce canal s’ouvre de quelques millimètres. Et des bactéries dites “à réservoir mammaire”, présentes sur la peau des trayons ou dans le lait des vaches infectées, peuvent se transmettre entre les quartiers ou les bovins. Après la traite, le sphincter reste ouvert pendant environ une heure. Des bactéries issues de l’environnement peuvent alors envahir le canal et contaminer la mamelle entre deux traites, surtout si la vache se couche immédiatement après.

Certaines bactéries se multiplient dans le lait tandis que d’autres endommagent les tissus mammaires et les canaux galactifères. Des globules blancs, ces fameuses “cellules” naturellement présentes dans le lait ou provenant du système immunitaire général et apportés par voie sanguine vers le site d’inflammation, vont tenter de détruire ces intrus et, très souvent, y parvenir. Trois évolutions sont alors possibles :

• la guérison : les globules blancs prennent le dessus et la vache guérit.

• la forme clinique : si l’immunité de la vache est affaiblie ou que les bactéries sont trop nombreuses, ces dernières gagnent. L’animal est alors atteint d’une mammite clinique, c’est-à-dire qu’il présente des symptômes. A minima, l’aspect du lait est modifié. En partie coagulé, il contient des grumeaux (nommés flocons, cailles, matons ou autre appellation selon les régions), parfois du sang ou du pus et peut être décoloré (aspect de bière). Des signes d’inflammation sont parfois visibles sur le quartier concerné, lequel est gonflé, chaud, dur, douloureux et/ou rouge. Dans les cas sévères, la vache présente les symptômes d’une réaction généralisée tels que la fièvre, un abattement, une anorexie, une diminution ou un arrêt de la production laitière (elle est “coupée de lait”), et peut rester couchée.

• la forme subclinique : la situation résulte d’un match nul entre les cellules et les bactéries. On parle alors de mammite subclinique, invisible car seul le nombre de globules blancs augmente, témoins de l’inflammation persistante de la mamelle, alors que la vache apparaît en bonne santé. La mamelle et le lait restent visuellement normaux. Une mammite subclinique peut évoluer en mammite clinique et inversement.

Anne Bourgeois

Pour plus d’informations, voir le Supplément ASV à La Semaine Vétérinaire n° 1552 du 20 septembre 2013 en pages 12 à 15.

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