Le conseil autour de la mort de l’animal de compagnie

19.01.2011 à 06:00:00 |
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Les propriétaires d’un animal de compagnie sont de plus en plus sensibles aux conditions de son décès. Les prises en charge de la fin de vie et du corps sont donc devenues des éléments importants de la qualité de service dans les cabinets et cliniques vétérinaires.

L’animal de compagnie est dépositaire d’une charge affective importante pour son propriétaire. Lorsqu’il arrive en fin de vie, l’équipe médicale a alors pour mission d’éviter stress et douleur. Lorsque le vétérinaire annonce un pronostic sombre, l’auxiliaire joue un rôle essentiel d’accompagnement, quel que soit le choix du propriétaire.

La décision d’euthanasier

L’euthanasie concerne chaque année 4 à 5 % des animaux d’une clientèle. La Convention européenne pour la protection des animaux, applicable en France depuis le 18mai 2004, précise qu’elle « doit se faire avec le minimum de souffrances physiques et morales ». Le vétérinaire doit apporter au propriétaire tous les éléments concernant le pronostic et les signes de souffrance de l’animal, afin qu’il puisse prendre une décision « éclairée ». Il ne faut en aucun cas chercher à l’influencer ni à lui forcer la main (car une décision mal assurée compromettra le processus de deuil), mais au contraire lui laisser le temps de réflexion nécessaire. Une enquête, réalisée il y a dix ans, a mis en évidence les principales attentes des propriétaires concernant l’euthanasie auxquelles l’équipe soignante doit s’efforcer de répondre. En effet, le client qui aura ressenti de l’indifférence, un manque de respect, voire de la brutalité à l’égard de son animal, mémorisera cette expérience négative vécue dans l’émotion comme une forme d’abandon de la part de son vétérinaire. S’il reprend un animal (entre 50 et 80 % des cas), ce client sera définitivement perdu.

L’euthanasie nécessite une préparation

Le rendez-vous d’euthanasie ne doit pas être banalisé : même si l’acte est, hélas, fréquent pour le praticien, il est unique et particulièrement douloureux pour le maître. L’auxiliaire doit donc s’assurer de conditions optimales.
Le rendez-vous sera de préférence proposé à un moment de faible affluence, afin de limiter l’attente et éviter la confrontation avec d’autres clients et animaux.
La salle d’euthanasie devra être prête à l’heure prévue : propre, rangée, téléphone débranché, matelas ou couverture sur la table pour le confort de l’animal, boîte de mouchoirs en papiers à disposition. Idéalement, si la clinique le permet, cette pièce sera différente de la salle de consultation habituelle, afin d’éviter que le propriétaire n’associe plus tard la consultation au souvenir de l’euthanasie, ce qui pourrait le dissuader de revenir avec un nouvel animal. Cela permet aussi de lui laisser du temps après l’acte, sans avoir à libérer rapidement la pièce pour les visites suivantes.


Michèle Colin

Extrait du Supplément ASV N°45 à La Semaine Vétérinaire n°1434

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