Grande Odyssée : la médecine interne des chiens en course

17/01/2016 | Le Point Vétérinaire.fr
Clémence Peyron
© DR
Entretien avec Clémence Peyron (L07), ancienne résidente ECVIM, éligible au Board de Médecine Interne.

Notre consoeur suit les chiens de la coure de La Grande Odyssée au sein de la Team Veto.

Quelles sont les affections du chien de sport en course ?
Par ordre de fréquence, on retrouve comme pathologies nécessitant une prise en charge médicale : la déshydratation, la diarrhée, les vomissements, les bronchopneumonies.

Sur quels symptômes fondez-vous l’examen pour le diagnostic ?
 Le diagnostic précoce se base sur plusieurs critères :
* pour la déshydratation : pli de peau persistant, muqueuses buccales sèches, pnophtalmie plus ou moins sévère ;
* pour la diarrhée : selon la consistance, et la présence ou non de sang (nature et/ou méléna) ;
* en course on observe plus souvent des régurgitations que des vomissements (suite à l’ingestion rapide d’eau durant la course notamment) ;
* les signes précoces de bronchopneumonie par fausse déglutition sont très discrets : la fréquence respiratoire augmente et la courbe respiratoire est modifiée, il faut rechercher un tirage costal, une augmentation de la température rectale. A la numération formule on recherche une leucocytose, mais il arrive que la numération formule ne soit pas modifiée. Il faut être à l’écoute du musher qui peut nous rapporter une fatigabilité à l’effort ou une tachypnée. Le diagnostic par imagerie est tardif : à la radiographie les signes n’apparaissent qu’à partir de 24 à 48h.
Il faut savoir que la toux et le jetage purulent ne sont pas systématiquement présents et sont des signes tardifs, il est important que le diagnostic soit établi avant.

Sur quels critères vous basez-vous pour mettre les chiens au repos ou "dropper" ?
* Une déshydratation de plus de 8% entraine un "drop" définitif parce qu’une fluidothérapie par voie intraveineuse est nécessaire.
* Si la déshydratation est inférieure à 8%, une réhydratation efficace par voie orale et un "drop" temporaire sont souvent suffisants.
* Un chien anorexique est dropé jusqu’à ce qu’il s’alimente de nouveau.
* La présence de sang dans les selles (en nature, le plus souvent), entraine un "drop" temporaire jusqu’à résolution (tant que le chien demeure alerte et s’alimente correctement, avec une déshydratation inférieure à 8%).
* Une bronchopneumonie entraine un "drop" définitif le chien ne peut pas être guéri en une semaine.

Quels traitements mettez-vous en place pendant la course ?
Pour un chien non "dropé",  s’il est déshydraté, il est conseillé d’humidifier son alimentation, après avoir calculé ses besoins, une réhydratation per os avec ou non une complémentation électrolytique est mise en place. Le traitement symptomatique de la diarrhée repose sur les pâtes orales comme Canikur Pro® et une complémentation en psyllium. De la smectite peut être administrée par voie orale ou intra-rectale, notamment si le chien présente de l’hémochézie. Un antibactérien est prescrit en complément du traitement symptomatique de la diarrhée, notamment en cas de baisse de l’état général/baisse de l’appétit, avec de signes cliniques persistants plus de 24 à 48h. Lors de bronchopneumonie, une antibiothérapie est mise en place, avec des radiographies de contrôle régulières.

Qu’est-ce qui vous pose le plus problème face à ces chiens de sport ?
Je suis contente d’avoir pu réaliser toutes les analyses que je voulais grâce à l’équipement incroyable prêté par le laboratoire SCIL et je ne me suis donc pas sentie limitée d’un point de vue professionnel. Les seules grosses difficultés que j’ai rencontrées ont été les conditions d’examen. Ausculter un animal avec beaucoup de bruit autour, effectuer une prise de sang ou une palpation abdominale avec les doigts engourdis de froid gène l’examen clinique. De plus, les examens cliniques sont souvent réalisés de nuit, ce qui rend l’examen compliqué.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué et plu ?
L’attitude des mushers et des handlers ; le soin qu’ils portent à leur attelage est impressionnant. J’ai été surprise par leur écoute, leur implication dans les soins et la confiance qu’ils nous portent.

Propos recueillis par les étudiantes véto de la LGO : Alice, Aurélie, Elise et Tiphaine

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