Une grille d’évaluation du bien – être du cheval

23/03/2015 | Le Point Vétérinaire.fr

© © Marine Neveux
L’assemblée générale de la Ligue française pour la protection du cheval (LFPC), présidée par notre confrère Richard Corde, s’est tenue le 21 mars dernier à l’école vétérinaire d’Alfort.

L’occasion pour notre confrère Vincent Boureau (N91) administrateur de la ligue et Martine Hauberger (Directrice de recherche au CNRS) de présenter la grille d’évaluation du bien – être du cheval.
Depuis plusieurs années, ils travaillent en effet à la mise au point d’un guide pratique d’évaluation du bien – être du cheval. Cet outil apportera une aide précieuse dans les évaluations de terrain des équidés. « L’évaluation du cheval dans son contexte est la première étape » explique Vincent Boureau, « c’est la plus importante ». La ligue observe en effet que les signalements de mauvais traitements sont multiples et variés, il convient donc de répondre à cette demande de façon objective et homogène. « La deuxième étape est le rapport vétérinaire, il est nécessaire pour objectiver une situation » poursuit notre confrère, la dernière étape étant le rapport de gendarmerie. Les enquêteurs de la ligue assurent un maillage territorial indispensable, « ce guide sera un outil utilisable dans n’importe quelle condition, il faut qu’il soit standardisé ». 

Un outil d’évaluation individuelle
« Je sollicite mes confrères pour développer le réseau de vétérinaires sentinelles » renchérit Vincent Boureau. A ce jour, il existe environ une trentaine de vétérinaires sentinelles de la bien – traitance des équidés sur le territoire. 
Cette grille permettra de juger objectivement d’une situation et de savoir à quel moment, il est pertinent de solliciter un rapport vétérinaire puis de gendarmerie. En outre, dans le cadre de la collaboration avec le CNRS, il est aussi utile de disposer des retours de cette grille pour avoir des données épidémiologiques, des notions concrètes, exploitables. 

L’approche de cette grille d’évaluation est "animal centrée". « C’est important de partir de l’animal, seul ce dernier peut nous permettre d’apprécier ce qui est pertinent pour lui » explique Martine Hausberger. La grille est complétée par la situation de vie de l’équidé. 

Une meilleure synergie à créer
Notre confrère Jérôme Languille (N96), chef du bureau de la protection animale de la DGAL déclare son souhait de développer une meilleure synergie, « nous avons fixé des objectifs pour le bien - être des animaux pour les 5 années à venir de 2015 à 2020 ». L’un des axes est la responsabilisation des acteurs, « avec une partie sur le rôle essentiel des vétérinaires en protection animale. Les DDPP devront avoir recours aux vétérinaires mandatés ». Un deuxième axe, très demandé aussi par l’Administration, est de savoir comment gérer au mieux les cas de maltraitance animale : comment s’organiser, qui sont les aides compétentes, etc. « Nous préparons une instruction à l’intention de nos services. Face aux cas de maltraitance, il faut que nos services conduisent des actions administratives très rapidement, mais aussi associées à des procédures en justice adaptées ». Il y aura également un pôle sur la promotion des guides de bonnes pratiques de l’éleveur, du détenteur d’équidés. 

Engager une réflexion de fond
Richard Corde, président de la LFPC a rappelé les évolutions du statut de l’animal dans le Code civil, mais aussi les difficultés en termes de protection animale rencontrées ces derniers mois. En endurance, de nouveaux scandales ont émergé dans certains pays du golfe et « la FEI a suspendu et interdit toute compétition dans les Emirats Arabes Unis pour non respect du bien – être du cheval et malversations sur des épreuves. La Ligue, associée à l’Avef, a déposé une plainte contre X pour le décès d’un cheval en compétition d’endurance à Compiègne l’an dernier »
Le président n’a pas occulté la problématique de la fin de vie des équidés, « il faut l’organiser pour éviter les abandons et la maltraitance. Cette organisation commence par la responsabilisation des utilisateurs d’équidés. Nos voisins suisses sont d’ailleurs bien plus avancés que nous sur cette réflexion. Ils privilégient l’information des acquéreurs de chevaux et des propriétaires ». Une réflexion de fond et globale est nécessaire. 
« Les vétérinaires doivent continuer à se former à l’évaluation de la maltraitance, car ils sont très souvent en première ligne et les seuls garants de l’éthique médicale » poursuit Richard Corde qui mentionne aussi la parution du nouveau Code de déontologie vétérinaire où y figure clairement l’obligation pour les confrères de « respecter les animaux ». « Par ces mots, le nouveau Code souhaite apporter une meilleure prise en compte de la santé et de la protection animale » se félicite Richard corde.

A lire sur le même thème :

« La bonne orientation est de travailler à la responsabilisation des utilisateurs d’équidés ». La Semaine Vétérinaire n°1608 du 5 décembre 2014

« Une grille d’évaluation des équidés et un guide ». La Semaine Vétérinaire n°1487 du 16 mars 2012

Marine Neveux

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