Un rapport veut réveiller la pharmacovigilance vétérinaire

16.09.2011 à 06:00:00 |
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Une mission post-Mediator® recommande la mise en place d’enquêtes via la création de réseaux de vétérinaires sentinelles.

La pharmacovigilance vétérinaire était-elle en train de s’endormir, voire de s’appauvrir ? Tous les sujets avaient-ils effectivement été traités pour justifier la disparition de la Commission nationale de pharmacovigilance vétérinaire en 2010 ? Les vétérinaires ne sont-ils plus motivés pour déclarer les cas puisque, apparemment, leur nombre de déclarations d’effets indésirables a chuté de 32 % entre 2002 et 2010, passant de 4 000 à 3 000 déclarations ?

Le post-AMM, c’est la vraie vie du médicament

Le rapport* officiel d’une mission de trois inspecteurs généraux propose de fortement redynamiser le suivi post-AMM, celui de la « vraie vie du médicament ».
Cette mission fait suite au scandale du Mediator®. Le 1er février dernier, lorsque le ministre de l’Agriculture commande ce rapport, il est en effet inquiet de la contagion éventuelle de cette affaire au médicament vétérinaire. Quelques mois plus tôt, il a accepté la suppression-fusion-absorption de la Commission nationale de pharmacovigilance vétérinaire, dont l’activité s’était réduite, dans la Commission d’AMM vétérinaire, à travers la création d’une unique Commission nationale du médicament vétérinaire (CNMV). Mais, en plein scandale Mediator®, son président fraîchement nommé, le professeur Pierre-Louis Toutain de l’école de Toulouse, est débarqué pour cause de « soupçons » de conflit d’intérêt. La mission recommande surtout davantage de transparence en rendant publics ses débats. « La garantie de l’indépendance, c’est la transparence », écrit-elle.

De la surveillance “passive” à l’enquête “active”

La mission ne pointe pas vraiment du doigt les praticiens, à l’origine de 95 % des déclarations, à l’exception des enseignants cliniciens des écoles vétérinaires et des confrères des filières hors sol qui ne déclarent pas, ou si peu. Mais elle considère surtout que la pharmacovigilance ne doit pas reposer sur cette seule « surveillance passive ». C’est très insuffisant pour évaluer un risque, l’incidence d’un effet et pour couvrir toutes les composantes du suivi post-AMM : les effets sur l’homme, sur l’environnement, les usages “hors AMM”, les manques d’efficacité (notamment les résistances) ou l’adéquation des temps d’attente.
C’est donc d’abord aux tutelles de s’intéresser à ces sujets. Et l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV) a la charge de l’organiser activement, en allant chercher les informations là où elles existent, y compris à travers une veille scientifique, ou en mettant en place des réseaux de vétérinaires sentinelles pour la réalisation d’enquêtes pharmacoépidémiologiques.

Eric Vandaële

* Rapport sur le suivi post-AMM du médicament vétérinaire

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