08/11/2013 | Le Point Vétérinaire.fr

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Zoonose

Un cas de rage importé du Maroc chez un chaton à Argenteuil

La rage a été diagnostiquée chez un chaton mort à Argenteuil (Val-d’Oise) le 28 octobre 2013. L’enquête a permis de retracer son parcours, du Maroc jusqu’à la région parisienne, après un voyage en avion. Il avait pourtant été vu par un vétérinaire marocain, qui avait délivré un certificat de bonne santé. Une zone de restriction autour du lieu de découverte de l’animal est prévue pendant six mois.

Une alerte, largement médiatisée, a été lancée le 31 octobre par la préfecture du Val-d’Oise et les ministères de l’Agriculture et de la Santé. Elle a suivi le diagnostic de rage établi pour un chaton tricolore d’environ deux mois, mort le 28 octobre à Argenteuil, sans propriétaire connu au moment des faits. L'enquête épidémiologique a permis de retracer l’itinéraire du chaton jusqu'à sa mort.

Le chat est recueilli, fin septembre, sur une plage du Maroc par une vacancière qui prend la précaution de consulter un vétérinaire à Casablanca pour pouvoir le ramener en France. Le praticien procède à la vaccination de l’animal (à l’exception de la rage) et délivre un certificat de bonne santé. Il n’identifie pas le chaton et aurait omis d’informer la propriétaire sur les règles d'importation d'un carnivore domestique en France. Le chat est introduit dans l’Hexagone par avion, dans un sac porté à la main. Les autorités marocaines n'auraient posé aucune question particulière et le personnel de la compagnie aérienne ne se serait soucié que de la nécessité d'un billet pour l'animal. La propriétaire ne fait pas de déclaration au contrôle des douanes à l'arrivée en France.

Le chaton arrive dans l’Hexagone le 13 octobre, chez sa propriétaire qui réside rue Marguerite à Argenteuil, d'où il s'enfuit vers le 21 octobre. Une famille voisine le recueille le 24, avant de le remettre dehors en raison de son comportement nerveux. Le 25 octobre, une autre famille de la rue le récupère puis, devant l’agressivité de l’animal, appelle une parente dans une commune voisine qui a l’habitude de placer des chats, pour qu’elle vienne le chercher. Le chaton meurt le 28 octobre chez cette dernière famille qui, avant de se débarrasser du corps, a le réflexe d'appeler son vétérinaire pour lui décrire les symptômes ayant précédé la mort (agressivité, griffures et morsures des personnes qui le touchent, parésie, dyspnée). Notre confrère lui conseille alors de se rendre, dès le lendemain, à l’Institut Pasteur avec le cadavre. La Direction départementale de la protection des populations (DDPP), contactée par l'institut, donne son accord pour une recherche de rage. Les membres des deux dernières familles à avoir accueilli le chaton subissent immédiatement un traitement antirabique.

Le 31 octobre, les analyses identifient la présence du virus de la rage.

À la recherche des personnes en contact avec l’animal
Les personnes et les animaux qui sont entrés en contact avec le chaton enragé entre le 8 et le 28 octobre font l’objet d’une recherche*. À l’heure où nous mettons sous presse, 20 personnes ont été orientées vers le centre antirabique de l’Institut Pasteur et 15 ont reçu un traitement préventif.

Le recensement des animaux susceptibles d’avoir côtoyé le chaton est en cours. Selon la réglementation, les animaux contaminés de rage (ce qui inclut ceux entrés en contact avec un animal enragé) sont normalement euthanasiés, sauf si leur propriétaire fait une demande à la DDPP (pour des animaux valablement vaccinés et identifiés). Les conditions pour obtenir cette dérogation passent notamment par la réalisation d’un rappel vaccinal dans les 48 heures qui suivent la confirmation du diagnostic et par une surveillance vétérinaire pendant six mois.

Une zone de restriction sur 1 km de rayon
Une zone de restriction a été mise en place par voie d’arrêté préfectoral** dans un rayon de 1 km autour du lieu de découverte du chaton. Ce texte limite les mouvements des carnivores domestiques et prévoit que les chiens non valablement vaccinés contre la rage doivent être tenus en laisse et demeurer dans la zone. Les chats, même vaccinés, doivent être tenus enfermés (le transport en cage est possible dans la zone pour les non-vaccinés, et en dehors de la zone seulement pour les vaccinés). Les chiens valablement vaccinés peuvent circuler librement sous la surveillance de leur maître. Ces mesures sont applicables pendant six mois. Les villes concernées sont Argenteuil et Bezons (Val-d'Oise), et Sartrouville (Yvelines).

Un périmètre plus restreint est délimité dans le quartier de la rue Marguerite, dans lequel la surveillance est plus active, notamment vis-à-vis des animaux qui sont entrés en contact avec le chaton enragé, de ceux des autres propriétaires, et des animaux errants, indique la DDPP.

Valentine Chamard

* Un numéro est mis en place : 0811 00 06 95
 ** Consultable sur le site www.val-doise.gouv.fr

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