20/02/2009 | Le Point Vétérinaire.fr

Rapport Ballereau : inacceptable (droit de) véto !

" .» Voilà un camouflet cinglant infligé à la profession par le rapport de Michel Ballereau !
Dans ses propositions à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, il précise notamment l’impossibilité pour les vétérinaires d’exercer les fonctions de directeur et de directeur adjoint d’un laboratoire de biologie médicale.
On aurait aimé croire à une plaisanterie de carabin si cette éviction n’avait des conséquences aussi préjudiciables en termes de santé publique humaine. En effet, cela « risque de s’accompagner, à moyen terme, d’une suppression de l’accès à la formation de biologiste spécialisé (DES de biologie médicale) pour les vétérinaires », s’inquiète Viviane Moquay, présidente de l’Association française des directeurs et cadres de laboratoires vétérinaires publics d’analyses (Adilva), dans un courrier adressé à Roselyne Bachelot.
Le Conseil supérieur de l’Ordre et la Direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) ont également tenu une réunion avec le ministère de la Santé, il y a quelques semaines, pour tenter de résoudre cet écueil.

Un dénigrement grave de la profession vétérinaire

Le rapport Ballereau s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’hôpital public, dont l’Assemblée nationale examine ces derniers jours le projet de loi “santé”. Bien entendu, aucun vétérinaire n’a été auditionné. L’article 20 autorise ainsi « le gouvernement à prendre par ordonnance les mesures nécessaires à une réforme d’ensemble de la biologie médicale française ». La voiequi mène les vétérinaires à la guillotine pourrait donc être ouverte par ordonnance, tandis que la formation, les qualifications des biologistes et des techniciens seraient décidées par décret.
Les confrères qui travaillent dans ce domaine ne sont pourtant pas légion. Des propositions avaient même été faites pour éviter qu’ils ne soient perçus comme des concurrents par les autres professionnels. « Le Conseil national de la spécialisation vétérinaire avait proposé de mettre en place un examen de sélection et de demander l’accès à un seul poste pour un vétérinaire par interrégion et par an, sachant que s’il n’était pas pourvu, il revenait alors à un médecin ou à un pharmacien », explique Claire Feillou, directrice du Laboratoire départemental vétérinaire et des eaux du Gers.
Au-delà de la biologie médicale, c’est à une véritable dépréciation de la profession vétérinaire que le rapport Ballereau participe. Roselyne Bachelot souhaiterait-elle jeter une ultime pelletée sur le vétérinaire déjà à terre ? Force est de constater que le lobbying officinal et/ou médical a pris le dessus sur notre profession, dont les hauts postes se raréfient également au niveau des instances de santé (Agence française de sécurité sanitaire des aliments, etc.).

M Neveux

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1348


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