Quand les vétérinaires parlent argent

23.09.2008 à 10:00:00 |

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’ argent et l’éthique : les deux termes paraissent inconciliables » , a souligné Yannick Poubanne, membre du Conseil supérieur de l’Ordre, en introduction de son exposélors de lajournée du Syndicat des vétérinaires de la région Paris-Ile de France le 14 septembre 2008. Or pour le vétérinaire entrepreneur, dans les faits, ces deux notions, loin d’être opposées, sont complémentaires. « Notre profession est réglementairement organisée pour permettre la qualité de service, explique - t - il . Pour le praticien, la conséquence de l’obligation de moyens est aussi la nécessité de disposer de ressources pour se former lui-même, ainsi que son personnel, investir dans les équipements, conserver les meilleures ressources humaines et les attirer. Tout cela exige de l’argent. »

Pour dépasser les tabous et discuter de la valorisation du vétérinaire et de ses actes, dans un contexte professionnel et sociétal en évolution, les intervenants ont abordé l’économie de l’entreprise vétérinaire de façon concrète, exemples à l’appui.

Evoquant la notion de rentabilité, notre confrère Jean-Pierre Kieffer, président du SVRP, a ainsi démontré, de façon chiffrée, qu’elle n’est pas systématiquement corrélée à un bon chiff re d’affaires. Sur une facture de 100 € , il reste en moyenne un peu plus de 20 € au praticien, une fois déduits les achats, les salaires, les charges, etc. En comparaison, un médecin généraliste qui perçoit 21€ d’honoraires (sans TVA) réalise un bénéfice de 14,22 € . Le ratio bénéfice / chiffre d’affaires s’élève à 67,70 %. Pour le praticien qui encaisse 40 € (avec TVA), le revenu réel n’est que de 9 € . Le ratio s’établit à 22,50 %.

En conséquence, « il faut développer la fréquentation » , estime Yannick Poubanne. Il conseille en outre d’accroître le panier moyen, sans toutefois dépasser 100 € HT. Au final, « l’important est la relation avec la clinique » .

Yannick Poubanne invite également les praticiens à se positionner clairement en termes de prix, notamment par rapport à leurs concurrents. « Le vétérinaire doit définir un niveau de prestation, de qualité et de prix. Il faut pour cela choisir un créneau. »

Bruno Pelletier, administrateur du SNVEL et de l’Association de gestion agréée des professions de santé (Agaps), va dans le même sens, expliquant que l’approche financière de la clinique doit être personnalisée. Il faut définir l’objectif de l’entreprise et le but personnel du vétérinaire . Il identifie plusieurs tendances au sein des structures vétérinaires : l’érosion de la marge, la hausse artificielle du chiffre d ’ affaires, l’accroissement constant des achats (faible marge), la peur d’augmenter les prix des actes vétérinaires et des médicaments, la non-facturation des actes, l’absence de prise en compte de frais fixes et des charges liées au fonctionnement de l’entreprise. « Or, il est important d’intégrer ces dernières dans le tarif de la consultation » , insiste- t- il, tout comme « de proposer de nouveaux services, mais surtout de développer l’acquis, comme le consentement éclairé et le bilan préopératoire » .

M Neveux et N Fontenelle

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1327

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