Premier emploi, du rêve à la réalité

13.02.2013 à 06:00:00 |
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Les jeunes vétérinaires appréhendent autant la relation client que la gestion comptable et financière d’une clinique. Tour d’horizon des expertises à acquérir pour mieux avancer dans le monde de l’entreprise.

Fini le statut de stagiaire, c’est à la réalité du métier qu’il faut désormais se confronter. Un exercice qui se révèle parfois difficile pour de nombreux jeunes vétérinaires. Aborder la relation client, collaborer avec tous les acteurs de la clinique, gérer les finances de la clinique, etc. Ce sont autant d’éléments à connaître pour bien démarrer. Du jour au lendemain, les praticiens juniors doivent faire face aux aspérités du quotidien et à la dure réalité du monde du travail. Si les jeunes diplômés vétérinaires ne remettent pas en cause le choix de leur métier, l’atterrissage dans la vie active est pour quelques-uns d’entre eux chaotique.

Une adaptation difficile que certains ont tendance à résumer à une question de génération. Appartenant à la génération Y, ces jeunes diplômés pâtissent en effet d’une réputation peu flatteuse. Ils sont souvent considérés comme majoritairement individualistes, réfractaires à la culture d’entreprise, voire peu fidèles. Pourtant, la quatrième étude de l’Observatoire social de l’entreprise Ipsos/Logica Business Consulting révèle que si ces jeunes recrues sont jugées durement, c’est bien plus par les autres salariés que par les chefs d’entreprise. Une majorité d’entre eux considèrent même qu’ils ont tendance à être plus ambitieux (33 %), plus motivés (31 %), plus enthousiastes (30 %), et même davantage polyvalents (27 %).

Est-ce alors une question de formation ? « Les écoles vétérinaires forment historiquement des cliniciens. L’approche de l’entreprise y est largement délaissée pour ne pas dire délibérément négligée », notait le sénateur Charles Guéné dans son rapport rendu au Premier ministre en 2009*. « Durant leurs sept ans de formation, les étudiants n’apprennent donc qu’à soigner des animaux, pas à gérer les besoins, les attentes, les émotions ou l’argent dû de leurs propriétaires ! », constate également Dominique Béchu, responsable communication et marketing à l’École nationale vétérinaire de Toulouse**.

Il est vrai que les étudiants en cours de formation ne bénéficient que d’une semaine, en 4e année d’études, entièrement consacrée à la gestion du cabinet vétérinaire et de quelques notions parcellisées de marketing et de comptabilité analytique de base. Les ressources humaines, la relation client, ainsi que les notions de communication sont, elles, absentes du cursus.

Ce décalage provoque au mieux une surprise, au pire une déception, voire du découragement. Un malaise et/ou un sentiment de manque de reconnaissance est ainsi partagé par d’autres juniors qui n’ont pas encore toutes les clés pour aborder le monde du travail, et notamment celui de la clientèle.

Isabelle Diquéro


* « Vers une profession vétérinaire du XXIe siècle. » Rapport au Premier ministre et au ministre de l’Agriculture et de la Pêche
** Thèse de master en management de la santé, « Importance des disciplines managériales dans l’accompagnement de l’évolution de la profession vétérinaire. »

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1526 du 8/02/2013 en pages 38 et 39

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