Pour la plupart des vétérinaires, les prud'hommes sont une institution anti-patrons.

19.01.2009 à 10:00:00 |

Une institution anti-patrons, au mieux une menace. Voilà comment plusdes deux tiers des vétonautes employeurs considèrent les prud’hommes.


« C’est une épée de Damoclès. Nous n’osons rien faire de peur de nous y retrouver convoqués », remarque l’un d’eux. « A partir du moment où on reçoit une convocation, on est condamné ! », renchérit un autre. Ce n’est pas totalement faux : la balance penche rarement du côté des patrons. Sur environ deux cent mille recours déposés chaque année, seulement un sur quatre obtient gain de cause. Pourtant, salariés et dirigeants sont représentés à parité au sein des prud’hommes. En réalité, les conseils prud’homaux ne donnent pas d’emblée la préférence aux salariés contre les employeurs, mais aux demandeurs contre les défendeurs. Or, dans presque tous les cas, le demandeur est un salarié.

Les patrons ne connaissent pas toujours bien l’institution. Ils considèrent parfois que les conseillers prud’homaux ne sont pas compétents, car il ne s’agit pas de magistrats professionnels (sauf en appel et en cassation). C’est d’ailleurs pour cela qu’ils s’en tiennent strictement, en principe, au droit du travail. Tout le code, rien que le code. Ils ne font guère de cas du contexte relationnel entre l’employé et l’employeur ou de la psychologie de l’un ou de l’autre, ce qui donne souvent le sentiment de ne pas être entendu. « J’ai comparu aux prud’hommes,et je n’ai pas eu la sensation d’être écoutée,voire considérée, témoigne une praticienne. L’impression est qu’à partir du moment où l’on se présente en tant qu’employeur, on est coupable. Ni nos faibles moyens (j’ai été condamnée à verser l’équivalent d’un mois de chiffre d’affaires !) ni les torts du salarié ne sont pris en compte. »


Comme l’explique justement le président d’un conseil prud’homal sur le site Internet du ministère de la Justice

, « les prud’hommes ne servent pas qu’aux salariés, car cela permet aussi aux employeurs de faire évoluer leurs pratiques pour éviter justement le recours à l’institution ». Ainsi, le nombre de recours à cette juridiction a reculé de 14 % en quinze ans. Cette baisse s’explique essentiellement par une amélioration importante des pratiques juridiques dans les entreprises.

N Fontenelle

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1343
Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK