12/03/2010 | Le Point Vétérinaire.fr

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Petite histoire du cinéma animalier

Près de 2 570 000 spectateurs en six semaines. Le succès d’Océans reflète l’accueil réservé au long-métrage animalier en France. C’est d’ailleurs à l’un de ses coréalisateurs, Jacques Perrin, que le genre doit un nouvel élan.

Nénette et La vie sauvage des animaux domestiques, deux documentaires produits par notre confrère Serge Lalou, qui sortiront respectivement le 31 mars et le 14 juillet 2010, abordent l’animal d’une toute autre manière.
Une occasion de revenir sur le cinéma animalier, né de la rencontre entre la fascination humaine pour l’animal et les images animées. Documentaire et populaire, réaffirmant le lien moral entre l’homme et l’animal, le genre a gagné aujourd’hui en maestria, en ampleur et en diversité. L’anthropomorphisme qui l’a longtemps caractérisé a-t-il pour autant disparu ?

Les parois de nos cavernes en portent les témoignages, l’animal a toujours été mêlé aux aventures expressives humaines. Avec les chronophotographies de Muybridge, Marey ou Anschütz, il fut aux origines du cinéma et n’a cessé de l’accompagner.
La France possède une véritable tradition du genre animalier, en particulier dans le long-métrage. Le Monde du silence (1955) de Jacques-Yves Cousteau et Louis Malle attire en salle plus de 4 600 000 spectateurs, résultat inégalé pour un documentaire. Frédéric Rossif, qui a créé les séries La vie des animaux (1952) et L’apocalypse des animaux (1972), réalise aussi des longs-métrages (La fête sauvage en 1976). Dans les années 70 encore, avec Le territoire des autres, François Bel et Gérard Vienne réinventent le genre en supprimant l’usage du commentaire.
Le film animalier conquiert peu à peu le petit écran. Si la production est dominée par les Anglo-Saxons, les créations françaises progressent, jusqu’à atteindre un âge d’or dans les années 90.

Une nouvelle dynamique s’enclenche avec La marche de l’empereur

Jacques Perrin, en tant que producteur puis comme réalisateur, donne au film animalier un nouvel élan pour le grand écran. Avec lui, les moyens, la durée et la technique mis en œuvre connaissent une surenchère impressionnante. Après Le peuple singe (1989) de Gérard Vienne, il produit Microcosmos : le peuple de l’herbe (1996) de Claude Nuridsany et Marie Pérennou, puis réalise Le peuple migrateur (2001) et tout récemment Océans (2010). Mais c’est le succès de La marche de l’empereur – 16 millions de spectateurs dans le monde et Oscar du meilleur documentaire en 2006 – qui enclenche une nouvelle dynamique pour le grand écran en France…
Libérées du formatage télévisuel et désireuses de créer l’événement, les sociétés de production se lancent dans l’aventure, certaines n’hésitant pas à puiser dans les ressorts de la fiction. Cela ne va pas sans raviver un débat éthique déjà nourri par l’ambiguïté du genre qui, à force de technicité et au nom de l’authenticité de la nature, a tendance à effacer les frontières entre représentation et réalité. Alors qu’un courant critique dénonce un nouvel anthropomorphisme mis au service d’une vision écologique, voire sociobiologique du monde, d’autres analystes, au contraire, pensent que les grands spectacles animaliers libèrent l’imagination et facilitent le lien entre le spectateur et l’animal…

Michel Bertrou
Pour vous faire votre propre opinion
Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1397 du 19/3/2010 en pages 20 à 24

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