Pas de vétérinaire à la tête des laboratoires humains

28.08.2009 à 10:00:00 |

Les vétérinaires ne pourront plus devenir directeur ou directeur adjoint d’un laboratoire de biologie médicale humaine. Ce qui n’était qu’une éventualité évoquée dans le rapport de Michel Ballereau, conseiller général des établissements de santé, publié fin 2008, devrait devenir réalité dans les prochaines semaines.

La loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (JO du 22 juillet) réserve en effet la possibilité au gouvernement de prendre par ordonnance, dans un délai de six mois à compter de la publication de la loi, « toutes mesures réformant les conditions de création, d’organisation et de fonctionnement des laboratoires de biologie médicale ». Or la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, reprenant les propositions du rapport Ballereau, souhaite éloigner les vétérinaires de ces postes au motif de « remédicaliser » (sic) la filière.
L’ordonnance devrait tomber dans les semaines à venir. Les vétérinaires auront toujours la possibilité d’intégrer le DES de biologie médicale (en quatre années après le diplôme vétérinaire) et de travailler au sein d’un laboratoire de biologie médicale humaine, mais ils ne pourront ni valider, ni interpréter, ni signer des résultats d’examen. En clair, ils peuvent suivre les mêmes études que les médecins et les pharmaciens, mais sans être autorisés à accéder à des postes de responsabilité dans les laboratoires de biologie médicale humaine. Affligeant.

Empêcher médecins et pharmaciens d’empiéter sur les plates-bandes vétérinaires

L’Ordre des vétérinaires, qui n’avait pas été convié par Michel Ballereau lors de la préparation de son rapport, a été mis devant le fait accompli. Ses protestations n’ont pas trouvé d’écho. Mais Christian Rondeau, son président, veut prendre Roselyne Bachelot au mot. « Puisque chacun doit rester chez soi, alors sécurisons la biologie vétérinaire pour que ni les pharmaciens ni les médecins ne viennent sur nos plates bandes dans les laboratoires d’analyses vétérinaires.» Le président de l’Ordre, qui vient de rencontrer Michel Ballereau, plaide donc pour la création d’un DESV européen de biologie vétérinaire et comparée. « Plutôt que de vouloir créer une cinquième école vétérinaire, je propose de créer ce diplôme en France », explique-t-il.
Sera-t-il entendu ? « Je ne crois pas à cette solution, elle est trop onéreuse, estime Jean-Marie Ledoux. Qui voudra payer pour quelques vétérinaires? Le ministère de la Santé ? Sûrement pas. Le ministère de l’Agriculture ? Il est totalement absent. Nous devons rester sur un tronc commun avec la médecine humaine. » Mais le mal est fait. Un coup de plus porté à la profession.

N Fontenelle

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1369

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