Pas de lien entre possession d’un chat et épisodes psychotiques

13/03/2017 | Le Point Vétérinaire.fr
chat et enfant
© ehaurylik – iStock
Des scientifiques n’ont pas trouvé de lien entre le fait de grandir avec un chat et le développement ultérieur d’affections psychiatriques.

Parmi les manifestations rapportées être en lien avec la toxoplasmose chez l’homme, figurent des maladies mentales, comme la schizophrénie. Le chat pouvant être porteur de Toxoplasma gondii, certaines études suggèrent un lien entre le fait de posséder un félin et le développement de telles affections. Cependant, une nouvelle étude, réalisée par des chercheurs londoniens, n’a pu mettre en évidence ce facteur de risque. Ils se sont basés sur une cohorte de sujets ayant été en contact avec un chat dans leur foyer pendant la grossesse de leur mère ou dans leur enfance et ont cherché une association éventuelle avec le développement ultérieur d’épisodes psychotiques pendant l’adolescence (données de l’Avon longitudinal study of parents and children de Bristol).

Inter : Comparaison avec d’autres facteurs de risque

Près de 15 000 femmes, dont l’accouchement été prévu entre avril 1991 et avril 1992, ont été questionnées, entre autres, sur la possession d’ animaux pendant leur grossesse, et des informations demandées alors que leur enfant avait 8, 21, 31 et 47 mois. Les enfants ont ensuite été emmenés en consultation à l’âge de 13 et 18 ans. Les résultats portent sur l’analyse de données des entretiens à l’âge de 13 ans (6705 enfants) et 18 ans (4676). Dans les deux populations, environ un tiers des mères possédaient un chat pendant leur grossesse et quand l’enfant avait 4 et 10 ans.

En n’utilisant que la variable « possession d’un chat », un risque supérieur de développement de psychoses est constaté. Mais en étudiant plusieurs variables à la fois (type de logement, classe sociale, statut marital, éducation, âge des parents, nombre de déménagements, possession d’un chien, etc), ce lien n’est plus significatif. Plus précisément, en ne se basant que sur un seul critère (possession d’un chat dans l’enfance), un lien apparait avec des épisodes psychotiques à l’âge de 13 ans (ce n’est pas le cas à l’âge de 18 ans), mais n’existe plus en tenant compte d’autres paramètres. La possession d’un chat pendant la grossesse n’est pas non plus liée à des épisodes psychotiques à l’adolescence.

Les scientifiques concluent que, s’il existe des preuves d’un lien entre une infection à T. gondii et le développement de psychoses, la possession d’un chat dans la petite enfance ne semble pas être un facteur de risque…  ce qui n’empêche pas les femmes enceintes de prendre des précautions en manipulant la litière de leur animal.

Valentine Chamard

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