Nous devons garder farouchement notre indépendance

17.02.2010 à 00:00:00 |
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Bruno Gordon-Krief, le nouveau président de l'Union nationale des professions libérales (UNAPL), et Oliver Arnaud, son secrétaire général, évoquent les sujets d'actualité de la profession : ouverture du capital, directive "services", taxe professionnelle, entreprise libérale, etc.

La Semaine Vétérinaire : L’UNAPL s’est battue pour que les entreprises en BNC avec un chiffre d’affaires de moins de 500 K€ et employant moins de cinq salariés profitent également de la réforme de la taxe professionnelle. Le Conseil constitutionnel lui a finalement donné raison. Le gouvernement avait menacé de revenir sur ce texte lors du collectif budgétaire fin janvier, ce qui n’est pas le cas. Pensez-vous qu’il en restera là ?
David Gordon-Krief : Cette affaire est la démonstration de ce que permet l’Union, la force qu’elle procure. Cela montre aussi que nous sommes capables de faire du bon lobbying. Mais très franchement, nous n’aurions jamais dû aller jusqu’au Conseil constitutionnel. Cette reforme, nous y étions favorables, nous la soutenions, nous la réclamions même, considérant, comme le gouvernement, qu’elle permettrait de créer de l’emploi dans nos entreprises. Nous avons applaudi à son annonce par le Président de la République et puis, tout d’un coup, nous en étions exclus ! Le gouvernement nous a écartés pour des raisons d’économie, estimant que fiscalement, cela lui coûterait trop cher. Il pensait que puisque nos entreprises n’étaient pas délocalisables, nous subirions. Mais la situation était totalement absurde, d’une iniquité absolue.
Je ne lis pas dans l’avenir, mais je ne crois pas que le gouvernement revienne désormais sur cette mesure, ce serait trop impopulaire. 

AynaultS. V. : Avez-vous chiffré les bénéfices attendus pour ces entreprises ?
Olivier Aynaud : Non, nous n’avons pas encore chiffré les économies engendrées par la réforme, branche par branche, mais on peut dire que, globalement, le gain sera de l’ordre de 6 % du chiffre d’affaires moyen des structures. Le combat de l’UNAPL était juste, parce que cette mesure relevait de l’exception fiscale. Nous ne pouvions laisser passer cela pour ne pas être marginalisés, pour que les entreprises de professions libérales soient traitées à l’avenir comme les autres.

S. V. : Les vétérinaires, comme d’autres professions libérales réglementées, vont être directement impactés par la mise en place des dispositions de la directive “services”. Quel est votre point de vue sur ce texte ?
O. A. : Le fait que les vétérinaires soient exclus des professions de santé est un vrai scandale. Nous ne comprenons pas la logique qui a pu conduire les autorités européennes à les inclure dans la directive “services”. On sait bien à quel point la santé vétérinaire est capitale pour la santé humaine. Les exemples de la grippe aviaire, ou le cas du chien enragé importé en 2004 en région Aquitaine, montrent l’importance des praticiens vétérinaires. Leur casquette d’officiers de santé publique et leur répartition sur le territoire en font des sentinelles indispensables.
Pour l’UNAPL, les vétérinaires restent des professionnels de la santé à part entière. Il est normal que votre profession s’inquiète, mais maintenant que le mouvement est lancé, il faut l’accompagner.

Propos recueillis par Nicolas Fontenelle

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