18/04/2011 | Le Point Vétérinaire.fr

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Remises arrière

Moins de 30 % des vétérinaires soutiennent la méga-centrale de référencement du syndicat

Courant mars 2011, le SNVEL a annoncé son intention de créer une mégacentrale de référencement pour négocier, au niveau national, les remises arrière de plusieurs centaines de cabinets ou cliniques.

Selon le SNVEL, les trois centrales d’achats à capitaux vétérinaires, Alcyon, Centravet et Coveto, auraient donné leur accord pour participer à ce projet.
L’assemblée des délégués syndicaux a ainsi voté massivement la création de cette centrale de référencement par 60 voix pour (91 %), 3 voix contre (4,5 %) et 3 abstentions (4,5 %). Selon un sondage effectué sur Internet par le journal du SNVEL, La Dépêche vétérinaire, 59 % des praticiens approuvaient aussi le projet.

Deux semaines plus tard, 27,5 % des vétérinaires considèrent que le SNVEL est « dans son rôle » en créant cette centrale, selon les résultats d’une enquête sécurisée mise en ligne sur le site WK-Vet.fr. « Enfin une initiative qui fera exploser ce système ! », argumente l’un d’entre eux, favorable à cette centrale.
Mais pour la moitié des praticiens sondés, « ce n’est pas le rôle du syndicat de négocier les remises avec les laboratoires ».
Un vétonaute a lu les avant-projets présentés : « Je n’ai encore rien compris sur la faisabilité de ce projet. Ce qui me semble certain, c’est que le SNVEL va ouvrir une boîte de Pandore dont les retombées, extrêmement néfastes, verront rapidement la paupérisation des cabinets ruraux. »

Face à cette initiative, les vétérinaires sont nombreux à souligner d’abord les risques. Pour 26 % d’entre eux, l’autorité de la concurrence ou le service des fraudes pourraient considérer cette centrale de référencement comme une entente illicite. Cette dernière pourrait être à la fois horizontale entre concurrents, qu’il s’agisse des vétérinaires ou des trois centrales d’achats qui seraient parties prenantes dans le projet, ou verticale entre clients et fournisseurs, dans la chaîne de distribution du médicament.
Sur une plainte des pharmaciens, l’autorité de la concurrence enquête d’ores et déjà sur les pratiques commerciales qui seraient susceptibles de fausser l’équilibre entre les ayants droit.
Le syndicat apporte d’ailleurs des arguments à ces enquêteurs. Car, selon lui, « la plupart des regroupements actuels sont illicites au regard du Code du commerce. Ils constituent des regroupements artificiels de chiffres d’affaires sans contrepartie effective et proportionnée au laboratoire ». Les vétérinaires déjà associés dans ces regroupements apprécieront l’accusation.


Pour 24 % des vétonautes, l’initiative est également considérée comme dangereuse pour l’avenir de la vente des médicaments par les vétérinaires, en raison du risque de focaliser les médias, puis les politiques, sur les seuls taux de remises arrière incitatives perçues par les praticiens. Un débat s’est d’ailleurs engagé, le 12 avril au Parlement européen, sur l’antibiorésistance et le système de distribution à la française. L’une des propositions discutées était « de restreindre la vente des médicaments par les vétérinaires aux seuls cas aigus, pour réduire la tendance à prescrire plus d’antibiotiques que nécessaire ». Elle n’a fort heureusement recueilli qu’un tiers des voix.
Un vétérinaire sur cinq préfère conserver une relation commerciale directe avec le délégué du laboratoire (19 %) plutôt que de la confier à une mégacentrale. Un sur dix déclare ne pas s’intéresser au taux de remise. « Je me débrouille tout seul avec les laboratoires que j’apprécie. Je n’ai pas besoin d’une tutelle. Ce n’est pas du tout le rôle d’un syndicat. L’image des vétérinaires est déjà assez “mercantiliste” sans en rajouter ! », réagit l’un d’entre eux, hostile à ce projet. Dans la même proportion, certains déclarent déjà appartenir à une centrale de référencement existante.

Néanmoins, le SNVEL a lancé une nouvelle enquête en ligne, dont les questions s’adressent surtout aux 30 % de confrères qui considèrent qu’il est dans son rôle. Par exemple, il leur est demandé de préciser les catégories de produits qui pourraient être référencées : « Tous les médicaments et les aliments », ou seulement « les plus vendus », ou « des produits sélectionnés » ? Ainsi que le taux de remise supplémentaire escompté.
Toutefois, ce sondage n’offre pas toutes les garanties de qualité et de sécurisation. Il est en effet possible à un internaute, vétérinaire ou non, de répondre autant de fois qu’il le souhaite à ces questions…

Eric Vandaële

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1446 et n° 1447 des 15 et 22 avril 2011 en pages 18 et 20

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