Maïs OGM : l'Anses recommande des études de long terme et indépendantes

25.10.2012 à 06:00:00 |
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L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et le Haut conseil des biotechnologies (HCB) viennent de conclure que les résultats de l’étude du biologiste français Gilles-Éric Séralini (université de Caen) sur le maïs transgénique NK 603 et l’herbicide Roundup (de la firme américaine Monsanto) « ne sont pas de nature à remettre en cause les précédentes évaluations sanitaires de ces produits en raison de biais importants dans le protocole et dans l’analyse de données ».

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a mis également en cause l’étude controversée, la jugeant « insuffisante ».

Rappelons que le 19 septembre 2012, le chercheur français a publié son étude sur la consommation des organismes génétiquement modifiés (OGM) et des pesticides dans la revue américaine Food and Chemical Toxicology (voir aussi notre article paru dans La Semaine Vétérinaire n° 1509). Cette étude de long terme (2 ans) concluait à des tumeurs mammaires et à des troubles hépatiques rénaux chez les rats consommant du maïs transgénique (NK 603). Elle avait provoqué des réactions immédiates auprès de la communauté scientifique, notamment les critiques de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur la méthodologie employée et le type de rats testés, connus pour être sujets aux tumeurs.

Depuis, les autorités d’évaluation allemande, danoise et néerlandaise ont émis un avis convergent avec celui de l’Anses et du HCB.

Mobiliser des financements publics et européens
Toutefois, l’Anses, qui a procédé à une analyse statistique de ces données, « note l’originalité de cette étude qui aborde un sujet jusqu’ici peu étudié : celui des effets à long terme des OGM associés aux préparations phytopharmaceutiques ».

Dans le même sens, le gouvernement souhaite remettre à plat le dispositif européen d’évaluation, d’autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides.

Aussi, il réaffirme sa détermination à « maintenir en France un moratoire des OGM autorisés à la culture dans l’Union européenne ».

Toujours est-il que l’Anses reconnaît « le nombre limité de publications traitant des effets potentiels à long terme d’une consommation d’OGM associés à des pesticides ». Elle recommande des études et des recherches sur ces questions de risques sanitaires. Ces études devront être menées avec des financements publics et des protocoles précis.

Outre les éventuels risques liés aux OGM, les travaux de Séralini auront soulevé à nouveau la question des études publiques et indépendantes, et celle de la mobilisation de financements publics, nationaux ou européens, comme le préconise l’Anses dans son rapport du 22 octobre 2012.

L’encadrement européen des OGM s’appuie aujourd’hui sur deux textes principaux (la directive 2001/18/CE relative à la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement et le règlement CE 1829/2003 pour les OGM destinés à l’alimentation). En France, seules quelques variétés transgéniques de soja, de maïs, de colza, de coton, de betterave et de pomme de terre sont actuellement autorisées à l’importation.

Clarisse Burger

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