Les “vieux” antibiotiques peuvent sélectionner des souches résistantes à des molécules plus récentes

13.04.2011 à 06:00:00 |
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Ce n’est pas un scoop : les volailles ne sont pas épargnées par le phénomène d’antibiorésistance et le sujet a fait l’objet de plusieurs communications lors des dernières Journées de la recherche avicole à Tours, les 29 et 30 mars 2011.

L’une d’entre elles, présentée par Isabelle Kempf (Anses de Ploufragan)  s’est attachée à montrer que le traitement à l’aide de “vieux” antibiotiques peut sélectionner, dans des conditions expérimentales, des souches d’Escherichia coli (E. coli) résistantes vis-à-vis de molécules plus récentes.
L’étude a eu pour but de comparer l’impact de quatre traitements de la colibacillose sur la sensibilité aux antibiotiques des bactéries de la flore digestive du poulet. Les volatiles ont d’abord été inoculés, entre 14 et 16 jours d’âge, avec deux souches (minoritaires dans la flore) d’E. coli aviaires non pathogènes, mais résistants à la rifampicine et porteurs de gènes plasmidiques de résistance aux fluoroquinolones, aux céphalosporines, aux tétracyclines ou aux triméthoprime-sulfamides, ainsi qu’avec des souches de Campylobacter et d’Enterococcus faecium, sensibles ou résistantes. A 20 jours, les poulets reçoivent la souche pathogène O78K80 Goren. Le lendemain, ils sont traités par oxytétracycline (OTC), triméthoprime-sulfadiméthoxine (SXT), amoxicilline (AMX) ou enrofloxaxine (ENR). Les fientes sont collectées avant, pendant et après les traitements. Les principaux résultats révèlent la sélection d’E. coli résistants, détectés dans la population bactérienne digestive majoritaire.

Les bactéries multirésistantes correspondent soit aux bactéries inoculées, soit à des souches qui ont acquis l’un des plasmides de multirésistance (en particulier aux fluoroquinolones ou aux céphalosporines) via les bactéries inoculées (la majorité des E. coli multirésistants sont sensibles à la rifampicine). La multirésistance est observée pour les traitements par AMX, SXT et ENR, vraisemblablement en raison de la présence des gènes de résistance portés par le même plasmide. Concernant Campylobacter, le traitement par ENR sélectionne rapidement et fortement des souches résistantes aux fluoroquinolones. En outre, dans le lot traité par AMX, les Enterococcus faecium résistants à l’ampicilline deviennent majoritaires.

Nathalie Devos

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1446 et n° 1447 des 15 et 22 avril 2011 en page 24

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