Les vétérinaires accèdent légalement à la chimiothérapie... sous conditions

10.07.2009 à 10:00:00 |

Un décret et un arrêté, datés du 18 juin 2009, autorisent et réglementent l’emploi des anticancéreux chez l’animal. Ils fixent notamment des bonnes pratiques réglementaires d’emploi de ces médicaments, sur onze pages de Journal officiel.

Ces dispositions ne concernent toutefois que la chimiothérapie avec des substances vénéneuses classées CMR (cancérogène, mutagène ou reprotoxique). Les inhibiteurs de la tyrosine kinase destinés au traitement des mastocytomes cutanés, le masitinib (Masivet® en cours de lancement) et le futur tocéranib (Palladia®, Pfizer) en cours d’autorisation, ne devraient donc pas être soumis à de telles contraintes.
Les vétérinaires (ou les directeurs des écoles vétérinaires) qui ont l’intention d’utiliser des anticancéreux CMR doivent le déclarer préalablement auprès de leur conseil régional de l’Ordre, en s’engageant par écrit à respecter les bonnes pratiques, notamment vis-à-vis des risques pour l’entourage de l’animal traité. De son côté, l’Ordre tient à jour une liste des vétérinaires déclarés et la fait parvenir aux Directions des services vétérinaires et à l’inspection régionale de la pharmacie. Les propriétaires aussi doivent s’engager etsigner par écrit un consentement éclairé. Des modèles réglementaires de la déclaration du vétérinaire à l’Ordre et du consentement éclairé des propriétaires figurent en annexe de l’arrêté relatif aux bonnes pratiques.
Seuls les animaux de compagnie (éventuellement les équidés exclus de l’abattage) peuvent bénéficier de ces traitements. Pour éviter les contaminations, les formes injectables sont à préférer aux présentations orales. Les topiques sont proscrits.
Les médicaments anticancéreux sont stockés séparément des autres, si nécessaire dans un réfrigérateur qui leur est réservé. Les formes injectables prêtes à l’emploi sont à privilégier par rapport aux poudres à dissoudre extemporanément dans un solvant. Les médicaments sont nécessairement préparés et administrés par un vétérinaire. Les animaux sont toujours hospitalisés et isolés des autres, pendant au minimum vingt-quatre heures après l’administration.
Tous les emballages, les résidus de soins, les ustensiles (compresses, etc.), les excréta des animaux (urines, vomis, salive) sont traités comme des déchets dangereux. Les chenils ou les chatteries doivent donc être équipés de manière à pouvoir récupérer les excréta des animaux. Cela reviendra sans doute à recommander l’incinération de ces déchets potentiellement contaminés par un toxique CMR. En outre, les propriétaires doivent suivre scrupuleusement les recommandations du vétérinaire, et notamment récupérer les excréta.

E Vandaele

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1366

Pour en savoir plus sur la législation de la pharmacie vétérinaire, consulter l'ouvrage: L Pinault, H Pouliquen et E Vandaele. Vademecum de législation pharmaceutique vétérinaire 2009

Arrêté_du_18_juin_2009_version_initiale[1].rtf[RTF]

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