Les trois quarts des praticiens ruraux tiennent désormais compte du décret prescription-délivrance

17.07.2008 à 10:00:00 |

Rappelez-vous, le jour de l’élection présidentielle, le 6 mai 2007, le décret prescription-délivrance et son arrêté d’application paraissent (enfin) au Journal officiel, après un septennat de gestation difficile. La mise bas est tout aussi dystocique, car les organisations représentatives des pharmaciens, après avoir fumé le calumet de la paix pour la mise au point finale du texte, avaient cru bon de déterrer quelques mois plus tôt la hache de guerre, en diffusant à leurs troupes une explication biaisée du nouveau dispositif.

Quelques mois après cette parution, en septembre 2007, 70% des vétérinaires, 78 % des canins et 56% des mixtes ou des ruraux considéraient ce texte comme un mauvais décret. Ceux qui hurlent le plus fort sont alors les praticiens canins . Ils redécouvrent aussi toutes leurs obligations liées à la prescription, et surtout à la vente au détail des médicaments prescrits, comme la tenue d’un registre papier ou informatique de délivrances ou la prescription sur des ordonnances numérotées à duplicata, etc.

Aujourd’hui, à peine 17 % des praticiens canins interrogés déclarent que le décret prescription- délivrance a entraîné des changements importants dans leurs habitudes. Pour 20 % d’entre eux, les modifications sont mineures. Et pour une large majorité (près de deux sur trois), cela ne les a pas amenés à modifier leurs pratiques. Au final, le décret, qui n’avait pas été pensé, réfléchi et négocié avec les praticiens canins et qui ne les frappait, certes durement, que par ricochet, n’a donc pas eu de véritable impact sur la médecine canine.

L’objet principal de ce décret était d’encadrer rigoureusement, dans les productions animales, éventuellement chez les équidés, une prescription et une délivrance de médicaments en dehors d’un examen clinique, sous réserve que le prescripteur ait une parfaite connaissance du statut sanitaire de l’élevage, grâce à ce fameux suivi régulier des animaux qui n’avait jusque-là jamais été défini.

L’enjeu était de taille pour les vétérinaires ruraux ou spécialisés dans les élevages hors sol. Leur implication a donc été assez forte : pour plus des trois quarts d’entre eux, ce décret a conduit à des changements majeurs (45 %) ou mineurs (31 %) dans leurs pratiques. Les visites de bilan annuel n’ont probablement pas été réalisées au même rythme dans toutes les clientèles. Néanmoins, l’élan est là. La surveillance sanitaire dite permanente des élevages par des vétérinaires se met progressivementen place. Le pari lancé par les organisations vétérinaires qui ont défendu ce texte, les Groupements techniques vétérinaires et l’Ordre est en train d’être gagné. Les critiques ont laissé la place à l’action chez les praticiens ruraux. Tant mieux !

E Vandaële

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1323

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