Les praticiens canins et ruraux évoquent les zoonoses avec leurs clients, mais pas les mêmes

10.06.2008 à 10:00:00 |

La transmission de maladies à l’homme via l’animal, qu’il soit de compagnie ou de rente, est toujours un thème d’actualité. En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 60 % des agents pathogènes pour l’homme sont zoonotiques. Qu’elles soient d’origine bactérienne, virale ou parasitaire, fongique ou à prion, le vétérinaire reste l’interlocuteur privilégié pour sensibiliser et informer la clientèle sur les zoonoses. C’est aussi vers lui que les propriétaires se tournent pour être rassurés quand survient une crise sanitaire, réelle ou médiatique.

Près de 6% des confrères reconnaissent ne jamais ou rarement aborder ce sujet, ce qui s’explique certainement par la spécificité de leur activité. En effet, dans le cadre de l’exercice courant, il semble difficile, voire impossible de ne pas parler de la rage avec un propriétaire de chien ou des maladies réglementées avec un éleveur de ruminants. Certains thèmes sont systématiquement évoqués par les praticiens lors des consultations de vaccination canine ou féline. Ainsi, l’existence d’un risque de transmission de vers des chiens aux enfants en bas âge persiste, même s’il est moins fréquent depuis que la gent canine est interdite de bacs à sable. Les zoonoses peuvent aussi être évoquées dans le cadre d’une réponse aux préoccupations personnelles et immédiates d’un client : préparation d’un voyage à l’étranger, interrogations à la suite d’un cas de rage ou d’une crise sanitaire présentée dans les médias, etc. La toxoplasmose reste aussi un grand sujet d’inquiétude pour les propriétaires de chats lors de grossesse au sein du foyer, en raison d’un manque d’informations ou, au contraire, d’informations alarmistes. Le vétérinaire doit alors prendre le temps de clarifier les choses.

La pratique rurale permet, et nécessite, d’aborder les grands thèmes de santé publique, qu’il s’agisse des maladies anciennes plus ou moins éradiquées (tuberculose, brucellose), des affections plus récentes (ESB) ou courantes, induites par la consommation de viandes ou de produits laitiers. La sécurité alimentaire, les maladies liées à l’hygiène des denrées animales ou d’origine animale (listériose et salmonellose, par exemple) sont des thèmes moins souvent évoqués. Si les éleveurs sont concernés directement et sont demandeurs d’informations techniques et de solutions de prévention, les consommateurs et les clients citadins sont moins enclins à considérer le vétérinaire comme un professionnel de la filière. Ils gardent une image du praticien attachée à la pratique libérale et négligent les aspects sanitaires et de santé publique qui s’attachent à la profession.

S.Padiolleau

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1318

Réagir à cette actualité
Cet espace a vocation à débattre et partager vos avis sur nos contenus. En réagissant à cette actualité, vous vous engagez à respecter les conditions générales d’utilisation de Le Point Vétérinaire.fr. Tout commentaire calomnieux ou injurieux sera supprimé par la rédaction.
Retrouvez toute l’actualité vétérinaire
dans notre application

En poursuivant votre navigation, vous acceptez les CGU ainsi que l'utilisation des cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
En savoir plus

OK