Les mille solitaires ne sont pas près de se saborder

08.10.2010 à 06:00:00 |
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A l’heure du “big is beautiful”, de la directive “services”, de sa cohorte promise de réseaux, de chaînes et de regroupements, les mille praticiens qui exercent en solitaire, sans auxiliaire, n’ont pas dit leur dernier mot.

Malgré les contraintes, les emplois du temps surchargés et les revenus en berne, ils revendiquent encore deux valeurs essentielles à leurs yeux : la liberté et la proximité.

Le vétérinaire solitaire, une espèce rare en voie disparition ? Pas si sûr. Selon les données regroupées par Bruno Duhautois, 58 % des cabinets vétérinaires n’ont qu’un seul associé. Notre enquête, réalisée à partir des données extraites de l’Annuaire Roy 2010, arrive au même chiffre : 56 %. Ainsi, sur 5 850 cabinets ou cliniques installés dans l’Hexagone, 3 271 n’abritent qu’un seul associé. Cela ne signifie pas qu’il travaille en solitaire, sans salarié, vétérinaire ou auxiliaire. Le Roy permet d’affiner un peu ce chiffre, puisque 2 539 praticiens (dont 65 % de canins) déclarent exercer seuls dans une structure, c’est-à-dire sans confrère à leurs côtés, mais peut-être avec une ASV. Il y a quatre ans, dans le Roy 2006, ils étaient 2 575, avec la même proportion de canins... Rien n’a changé. Dans son livre, Bruno Duhautois estime qu’un tiers des cabinets comportant un seul associé n’emploieraient aucun salarié. Il y aurait donc un peu plus de 1 000 vétérinaires qui exerceraient véritablement en solo.

Mais comment se retrouve-t-on, en 2010, totalement seul dans son cabinet ? Manifestement, il s’agit d’une situation plutôt subie que voulue. Si quelques-uns revendiquent un vrai besoin d’indépendance et de liberté ou ont été échaudés par une association cauchemardesque, une majorité n’a pas le choix. Les plus anciens, la retraite en ligne de mire, ne voient plus l’intérêt de bâtir un nouveau projet à plusieurs, tandis que les plus jeunes ont racheté ou créé et ne se trouvent pas en situation de pouvoir salarier qui que soit, ne dégageant pas, ou pas encore, un chiffre d’affaires suffisant.

Nicolas Fontenelle

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