11/12/2010 | Le Point Vétérinaire.fr

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SNISPV

Les inspecteurs vétérinaires au bord de la crise de nerfs

« Nous paierons un jour les décisions adoptées aujourd’hui sous l’emprise d’une idéologie ultralibérale qui veut la mise en concurrence généralisée de la sécurité sanitaire. »

Pour son discours devant l’assemblée générale du Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire (SNISPV), le 1er décembre 2010, Benoît Assemat, son président, très en verve, ne pouvait manquer d’étriller la politique sanitaire menée par les pouvoirs publics, ainsi qu’il le fait depuis plusieurs années.

Premier point noir : la Réforme générale des politiques publiques (RGPP) qu’il juge globalement « catastrophique ». « Nous avons perdu exactement 509 emplois en cinq ans et 117 départs sont programmés en 2011. Cette réduction massive des emplois publics a détérioré l’organisation sanitaire et provoque le désenchantement des agents sur le terrain. Désormais, aucun pays européen ne fonctionne avec aussi peu de vétérinaires officiels que nous. Pourtant, nous avons cru aux principes de la RGPP, au recentrage de l’Etat, à une redéfinition de ses fonctions. Mais rien. Le double pilotage local et régional est toujours là, les tâches administratives s’empilent, les moyens opérationnels s’effondrent, le système n’est plus efficace. » Benoît Assemat regrette également le nouveau changement de cap sur la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO), devenue facultative. « Pourtant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire estime qu’il faudrait au moins 80 % de vaccinations pour maintenir la situation. Tous les inspecteurs en santé publique vétérinaire savent que l’on ne dépassera pas les 20 % dans cette campagne. »

Autre point noir : les inspections en abattoirs. Les réflexions actuelles sur l’évolution et l’adaptation du dispositif sont conduites, selon Benoît Assemat, à l’aune des modèles néerlandais et anglais, deux pays qui ont privatisé les inspections. « L’aveuglement des pouvoirs publics sur la sécurité sanitaire est total. Désormais, seule une crise pourra leur ouvrir les yeux, ce que je regrette », a-t-il ajouté.

Nicolas Fontenelle

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1429 du 10/12/2010 en page 14

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