Le système de sécurité sanitaire est en danger

12.05.2010 à 09:00:00 |
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Médecins, pharmaciens et vétérinaires parlent d’une même voix et alertent les pouvoirs publics sur leur manque d’effectifs. Si rien n’est fait, la catastrophe est assurée.

Les inspecteurs de santé publique sont en colère. Et ils le font savoir. Les responsables des syndicats de médecins, pharmaciens et vétérinaires inspecteurs se sont regroupés sous une même bannière pour alerter les pouvoirs publics, lors d’une conférence de presse à Paris le 7 mai 2010. « Nos trois corps sont négligés depuis des années, se désespère Claude Rols, porte-parole du Syndicat des pharmaciens inspecteurs de santé publique (SPHISP). L’absence de recrutement, le non-remplacement des inspecteurs qui partent à la retraite et la désorganisation de l’Etat dans le domaine de la santé publique et de la sécurité sanitaire nous mettent gravement en péril. » Ces dernières années, les recrutements annuels se comptent sur les doigts d’une main. Les effectifs, déjà faméliques, s’amenuisent encore. « Aujourd’hui, il n’y a que douze pharmaciens inspecteurs pour gérer l’ensemble de l’Ile-de-France, et même un seul pour contrôler tout le département des Yvelines et lutter contre les importations de médicaments contrefaits », détaille Frédéric Boël, président du SPHISP.
Les syndicats dénoncent l’attitude ambivalente de l’Etat qui d’un côté, sous la pression des Français, veut toujours plus de qualité pour les produits de santé ou les aliments, et de l’autre refuse d’allouer suffisamment de moyens à l’organisation des contrôles, pourtant garants de cette qualité.

Le manque de vision à long terme de l’Etat est particulièrement dénoncé. « L’exemple de la volaille est significatif, remarque Benoît Assemat, président du Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire (SNISPV). En 2009, la Commission européenne a menacé d’interdire les ventes de volailles françaises dans les pays de l’Union faute de contrôles suffisants dans les abattoirs. Une situation directement liée au manque d’effectifs. Devant le poids économique de cette industrie, l’Etat a réagi et mis trente inspecteurs dans les abattoirs pour satisfaire la Commission. Depuis, ils ont disparu ».

Nicolas Fontenelle
Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1405 du 14/5/2010 en pages 12 et 13

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