Le rapport sur la Politique de sécurité sanitaire des aliments soulève des débats

16/12/2014 | Le Point Vétérinaire.fr

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Le rapport CIMAP a été présenté au Ministre de l’Agriculture début décembre. Il ne convainc pas le Syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaire (SNISPV) qui y voit notamment des « recommandations intéressantes », mais en décalage avec les préoccupations quotidiennes des services.

« La politique de sécurité sanitaire des aliments. Diagnostic et propositions » : le rapport de 70 pages ne convainc pas le SNISPV comme l’explique le syndicat dans un communiqué de presse le lendemain de sa présentation au Ministre. Retour en arrière : le 18 décembre 2012, le premier comité interministériel de modernisation de l’action publique (CIMAP) avait décidé une mission d’évaluation de la gestion de la politique de sécurité sanitaire des aliments (SSA). Cette mission conduite par Marion Guillou (ancienne DGAl) et Christian Babusiaux (ancien DGCCRF) a rendu son rapport le 30 juin dernier. Le SNISPV avait d’ailleurs rencontré les missionnaires au printemps dernier. « Celui-ci ne nie pas totalement les difficultés structurelles » reconnaît le SNISPV, il cite des extraits du rapport : « l’articulation entre échelons régionaux et locaux résultant de la RéATE fonctionne mal et est source d’insatisfaction entre agents travaillant à chacun de ces niveaux ». Des constats que nous avions déjà recueillis lors de l’enquête de La Semaine Vétérinaire et de l’Annuaire Roy. Pour autant, le SNISPV déplore que l’organisation existante ne soit pas remise en cause. Autre point de déception : le rapport « fait également l’impasse totale sur le sujet des laboratoires d’analyse ! Par ailleurs, de nombreuses recommandations s’adressent aux autorités communautaires alors qu’il y a probablement déjà fort à faire au niveau national » estime le SNSIPV.

Des carences au niveau des effectifs

« Comme tous les récents rapports, celui-ci alerte à nouveau sur l’insuffisance des moyens consacrés à la SSA (y compris à l’ANSES) : 2 100 agents sont affectés à la SSA en France (1900 pour la DGAl et 200 pour la DGCCRF) alors qu’au vu de la population concernée, 12 000 ETP devraient être dédiés à cette mission pour se situer dans la moyenne européenne. Sans que le lien de cause à effet ne puisse être démontré, le parallèle est saisissant entre la diminution des effectifs (-20% entre 2005 et 2012) et la dégradation de certains indicateurs de santé : augmentation du nombre de cas de listérioses (+40% entre 2004 et 2012), de campylobactérioses (+130% entre 2004 et 2012) et de TIAC (+111% entre 2004 et 2013, +166% pour celles liées à la restauration commerciale) » démontre le Syndicat.

M.N.

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