Le “mésusage” des produits de santé en France pointé du doigt

21.10.2013 à 06:00:00 |
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Un récent rapport, remis à la ministre des Affaires sociales et de la Santé, milite en faveur d’une meilleure formation des médecins et des pharmaciens français, « bien mal préparés aux principes de base de la bonne prescription et du bon usage des produits de santé ».

« Les dépenses liées aux médicaments [humains] en France restent nettement supérieures à celles d'autres pays européens », déclare Marisol Touraine, lors d'une audition sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2014, devant la commission des affaires sociales de l'Assemblée le 9 octobre 2013.

La ministre des Affaires sociales et de la Santé explique que l’une des causes de ce constat est une surconsommation de médicaments, liée à un nombre plus élevé de prescriptions des médecins français par rapport à leurs homologues européens. De surcroit, « nous avons tendance à prescrire plus systématiquement la dernière molécule, même si elle ne représente pas une amélioration évidente dans le cas de la maladie concernée ». Une autre cause est « liée au fait qu’il y a moins de médicaments génériques », une piste à développer, selon Marisol Touraine.

Notre pays, mauvais élève en Europe
Dans ses déclarations, la ministre s’appuie sur le rapport des professeurs Dominique Costagliola et Bernard Bégaud, pharmacologues et épidémiologistes, qui lui a été remis en septembre 2013. Selon eux, « la France est l’un des pays dans lesquels les prescriptions et l’usage irrationnels sont les plus prévalents au niveau européen ». Un positionnement inchangé depuis de nombreuses années, précisent les auteurs, qui rappellent qu’en 2007, en comparaison de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie et du Royaume-Uni, notre pays se classait en tête pour six des neuf classes étudiées (dont les antibiotiques).

Doubler le temps moyen de formation sur le médicament
Le rapport souligne enfin les carences de la formation des professionnels de santé. Selon une étude réalisée en 2006 auprès de 37 facultés de médecine françaises, un étudiant reçoit en moyenne 67,6 heures de formation à la prescription et à la gestion de la réponse thérapeutique aux médicaments, avec une grande disparité entre les établissements. Une moyenne bien inférieure à celle en vigueur dans les facultés européennes. Les deux professeurs préconisent de porter ce total à 120 heures au minimum.

Par ailleurs, moins d’un médecin sur quatre remplit aujourd’hui ses obligations de formation. Ainsi, le développement professionnel continu (DPC) peine à se déployer, et « est certainement un des facteurs importants de prescription et d’usage inappropriés ». Du côté des pharmaciens, le rapport mentionne « la quasi–absence de formation aux aspects “médicaments et santé publique” » (bases de la pharmaco-épidémiologie, évaluation de l’impact en santé publique, pharmacovigilance, etc.) d’après une enquête menée auprès de plusieurs facultés de pharmacie françaises.

Nathalie Devos

Pour l’intégralité de l’article, voir La Semaine Vétérinaire n° 1556 du 18/10/2013 en page 22.

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