12/12/2008 | Le Point Vétérinaire.fr

Le masitinib, premier anticancéreux vétérinaire

Dévoiler les nouveautés thérapeutiques proposées par l’exposition commerciale d’un congrès nécessite toujours une part de subjectivité. Cette année, la sélection estd’autant plus sévère qu’un anticancéreux autorisé en médecine vétérinaire, Masivet®, était présenté pour la première fois aux praticiens canins, avant même sa commercialisation annoncée pour mars prochain. Pourtant, il fallait de la persévérance pour trouver, tout au fond d’un couloir en impasse, le petit stand du nouveaulaboratoire (AB Science) qui a développé cette molécule, le masitinib (Masivet®).L’autorisation officielle de mise sur le marché, qui date de quelques jours avant le congrès, semble aussi avoir été difficile à obtenir. Dans un premier temps, en mai dernier, l’Agence européenne de médicament (EMEA) a refusé cet anticancéreux vétérinaire en estimant que le rapport bénéfice/risque n’était pas favorable. Puis, à l’examen d’un recours du laboratoire en septembre, l’EMEA a approuvé, à la majorité des experts et non par consensus, les comprimés Masivet® à 50 et 150mg de masitinib (sous forme mésylate). Elle a estimé, cette fois, que le développement des mastocytomes de grade 2ou 3 était significativement retardé avec Masivet® par rapport à un placebo. L’anticancéreux est indiqué dans le « traitement des mastocytomes du grade 2 ou 3 non opérables chirurgicalement et avec la présence confirmée de récepteurs d’une protéine tyrosine kinase (c-KIT) ».Dans un essai clinique sur les mastocytomes (202 chiens), sans métastase, le taux de survie est de 57 % à un an et de 31 % à vingt-quatre mois chez les chiens traités, au lieu de respectivement 42 % et 23 % dans le groupe placebo. Le délai médian de survie est de 517 jours chez les chiens traités, versus 340 jours chez ceux qui ont reçu le placebo. Le masitinib est un inhibiteur d’une tyrosine kinase (c-KIT) présente dans la membrane des mastocytes. Des altérations sur la c-KIT conduisent à une surexpression de cette kinase et peuvent être à l’origine de mastocytomes chez le chien ou de mastocytosechez l’homme. Le masitinib n’est donc pas un anticancéreux cytostatique, ni une chimiothérapie utilisable pour toutes les tumeurs. Compte tenu de son mode d’action ciblé sur les mastocytes, d’autres indications sont envisageables dans les dermatites atopiques (avec un essai clinique en cours), la polyarthrite rhumatoïde, l’asthme du chat ou… en association avec une chimiothérapie,pour d’autres tumeurs.

E Vandaële

Extrait de La Semaine Vétérinaire 1338

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