15/04/2011 | Le Point Vétérinaire.fr

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Situation de crise

Le Conseil général de l’alimentation et de l’agriculture émet des recommandations en cas d’accident nucléaire

Le 11 mars 2011, un terrible tremblement de terre suivi d’un tsunami frappent le Japon et provoquent plusieurs explosions dans les réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima.

Cinq jours plus tard, le rapport du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) sur « la gestion de la phase postaccidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation radiologique » est rendu public.

La réflexion, initiée en 2005, a abouti à des dispositions concernant les exploitations agricoles et les élevages, les industries agro-alimentaires, la restauration, la distribution, la gestion du milieu forestier et de l’environnement et celle des animaux de compagnie. Elle s’est appuyée sur deux scénarios d’accidents d’un réacteur nucléaire : celui de la perte de réfrigérant primaire conduisant à la fusion du cœur et celui de la rupture de tubes du générateur de vapeur qui peuvent contaminer l’environnement et la chaîne alimentaire à la suite des rejets de radionucléides.
La gestion repose sur un découpage géographique en trois zones : celle d'éloignement (ZE), celle de protection de la population (ZPP) et celle de surveillance renforcée des territoires (ZST).
Dans la première, tous les habitants sont déplacés.

Dans la ZPP, pour les personnes maintenues sur place, la dose efficace* cumulée du premier mois, toutes expositions confondues (doses externe et par inhalation de poussières, sauf alimentation), ne doit pas dépasser une valeur guide de l’ordre de 10 mSv. Dans cette zone, il est interdit de consommer et de commercialiser les denrées locales de toutes nature considérées comme contaminées et les produits sans protection hermétique, pour une durée d’un mois au minimum.

La ZST est, quant à elle, définie comme un périmètre au sein duquel certaines des denrées produites sont susceptibles de dépasser les normes maximales admissibles (NMA) de radioactivité. Il est préconisé, dans un premier temps, d’y interdire la commercialisation et la consommation des diverses productions agricoles. Dans un deuxième temps, il convient de mettre en place des dispositifs de contrôle libératoire qui permettraient de consommer des produits respectant les NMA.

Dans les ZPP et les ZST, les cheptels sont placés sous séquestre. La commercialisation et la circulation des bêtes sont interdites, ainsi que celles des aliments pour animaux, sauf sous couvert d'autorisation préfectorale.
Dans un deuxième temps, il convient d'examiner le devenir des cheptels des ZPP et ZST afin de distinguer ceux qu’il est possible de conserver et ceux qui ne peuvent pas l’être. En effet, la voie alimentaire contamine principalement les animaux. De plus, les principaux radionucléides concernés présentent des durées de vie radioactive (pour l’iode 131) ou biologique (pour le césium 137) qui permettent, dans la mesure où certaines conditions sont réunies, de réduire la contamination de l'animal dans un délai acceptable pour l'éleveur, à un niveau permettant une production de denrées respectueuse des NMA (processus d’assainissement).

Nathalie Devos


* La “dose efficace” évalue l'exposition d'une personne aux rayonnements. Elle tient compte de la sensibilité des tissus affectés et de la nature des rayonnements. L'unité de “dose efficace” est le sievert (Sv). En Europe, la dose efficace annuelle à laquelle la population est exposée est en moyenne de 4 mSv par personne.

Pour plus d’informations, voir La Semaine Vétérinaire n° 1446 et n° 1447 des 15 et 22 avril 2011 en page 26

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