La xylazine, seul alpha2-agoniste toujours accessible aux éleveurs

14.03.2012 à 06:00:00 |
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La Commission nationale du médicament vétérinaire (CNMV) a proposé le 17 janvier dernier de ne pas réserver la xylazine à une administration par les seuls vétérinaires.

Cette molécule est ainsi le seul alpha2-agoniste accessible aux éleveurs.

La xylazine est probablement le sédatif analgésique le plus employé chez les bovins, même si la détomidine, historiquement équine, est aussi indiquée chez cette espèce.

La xylazine moins risquée pour l’utilisateur ?

En France, tous les alpha2-agonistes, à l’exception de la xylazine, sont, selon leurs décisions d’AMM, « réservés à une administration vétérinaire exclusive et interdits de délivrance au public », du fait du risque d’effet grave, voire mortel pour l’utilisateur en cas d’auto-injection accidentelle. Toutefois, pour la CNMV*, « les solutions à base de xylazine utilisées étant peu concentrées (2 %), elles ne présentent pas un risque inacceptable justifiant l’interdiction de son emploi par les non-vétérinaires ». En effet, une autoinjection accidentelle d’un volume a priori faible d’une solution peu concentrée ne pourrait pas conduire à l’injection d’une dose élevée de xylazine. Les solutions de détomidine et de romifidine sont concentrées, elles, à 10 % (enchlorhydrate). Toutefois, des solutions de xylazine concentrées à 10 % et 20 % pourraient prochainement être autorisées, ainsi qu’un générique à 2 % qui serait, à l’inverse, « réservé à l’administration par le vétérinaire ».

Le ministère favorableà l’usage de la xylazine par les éleveurs

Au cours de la réunion du 17 janvier de la CNMV, le ministère de l’Agriculture (DGAL**) s’est également prononcé en faveur du maintien de la délivrance possible de la xylazine à des non-vétérinaires. Les nouveaux contours de l’exercice illégal permettent effectivement à des non-vétérinaires, des éleveurs, des techniciens, etc., de réaliser des actes vétérinaires tels que des castrations (sauf chez les équidés), des écornages ou des actes de dentisterie. À l’évidence, un alpha2-agoniste sédatif-analgésique est utile à la réalisation de certaines de ces opérations. Autant pour des raisons de souffrance animale que pour faciliter la contention de l’animal et améliorer la sécurité de l’éleveur. La probabilité d’être blessé par une bête dangereuse non sédatée est sans doute plus fréquente que le risque d’auto-injection accidentelle de xylazine. Durant le débat, des experts de la CNMV ont toutefois exprimé des avis divergents. Mais, au final, la commission a « rejoint la position de la DGAL » favorable à une délivrance possible de la xylazine aux éleveurs.

Eric Vandaële

* Commission nationale du médicament vétérinaire
** Direction générale de l’alimentation

Extrait de La Semaine Vétérinaire n°1486 du 9 mars 2012, page 22

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